Canvas – Lean Startup – Interview de Raphaëlle Covilette, une des trois cofondatrices de la startup Kokoroe

Canvas – Lean Startup – Interview de Raphaëlle Covilette, une des trois cofondatrices de la startup Kokoroe

A l’occasion de la journée de la femme, voici une interview de Raphaëlle Covilette qui est une des trois cofondatrices de Kokoroe, une plate-forme de mise en relation de professeurs passionnés qui veulent transmettre leurs passions et d’élèves qui veulent apprendre. Les cours sont très variés (cours de harpe celtique, cours de pilotage de drône, cours de danses variées, …). Raphaëlle Covilette  partage avec nous les astuces et méthodes de travail au sein de la startup.

PODCAST DE L’ARTICLE

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RETRANSCRIPTION TEXTE DE L’INTERVIEW DE RAPHAËLLE COVILETTE

Bienvenue dans cette nouvelle interview du blog-gestion-de-projet.com. Aujourd’hui, je suis avec Raphaëlle Covilette qui est l’une des trois cofondatrices de la startup Kokoroe.

Claire Cornic : Bonjour Raphaëlle

Raphaëlle Covilette : Bonjour Claire

Claire Cornic : alors Raphaëlle, pourriez-vous vous présenter brièvement à nos auditeurs et lecteurs et parler de la genèse de votre startup Kokoroe ?

Raphaëlle Covilette : Oui, tout à fait Claire. En l’occurrence, je suis une des trois cofondatrices de Kokoroe. J’ai une formation généraliste, puisque j’ai effectué un master d’économie-gestion à la Sorbonne et après, un master II à l’ESCP. J’ai travaillé chez Accenture puis en tant que consultante en recrutement. Et en effet, j’ai souhaité, vers 30 ans, vivre pleinement et lancer ma startup. Je suis très très proche de ma sœur jumelle, Elise, qui, elle, a un profil juridique, elle est avocate et également très proche de Béatrice qui est une amie d’enfance et qui, elle, a étudié à Sciences Po et Dauphine et a un profil plutôt marketing. C’est vrai qu’on était plutôt « sucessful » dans nos métiers, cela se passait plutôt bien mais à 30 ans, on a eu envie de vivre, de tenter de créer une vraie aventure. On s’est retrouvées avec les filles autour d’un restaurant, c’est souvent là où partent les plus beaux projets et on s’est dit, voilà, on a envie de se lancer dans l’aventure, on a envie de créer quelque chose et à l’époque et encore aujourd’hui, on était assez adaptes de tout ce qui est économie collaborative, on voyageait sur Airbnb, Bla Bla Car, on sentait qu’il y avait une économie des usages qui changeait et qui évoluait énormément et on s’est dit, c’est marrant, aujourd’hui, on peut tout partager, on peut partager un appartement avec Airbnb, partager une voiture avec Drivy ou Bla Bla Car mais on ne peut pas partager ce qu’il y a de plus universel, le savoir et la passion. Donc on s’est dit qu’on allait créer cette plate-forme de partage de savoirs et de la passion, qui est aujourd’hui en ligne depuis un an. On va souffler la bougie, c’était exactement en mars 2015 et ce site s’appelle Kokoroe et cartonne depuis un an.

Claire Cornic : Félicitations ! Est-ce que vous pouvez nous parler de la méthode de gestion de projet que vous avez utilisé au départ pour lancer votre site internet ?

Raphaëlle Covilette : Tout à fait Claire. Alors, nous, on utilise la méthode du lean Startup. En fait, c’est une méthode assez connue dans l’univers des startups qui nous a été enseignée par Microsoft Ventures puisqu’on est incubé au sein de Microsoft Ventures. Cela fait un an qu’on est chez eux et on a eu beaucoup de chance de les rencontrer puisqu’ils nous ont vraiment appris un métier, le métier du web et de l’entrepreneuriat, et c’est vrai qu’Elise, Bea et moi, on ne connaissait pas du tout ces métiers. Ils nous ont dit que c’était excessivement important d’avoir une méthodologie. Selon eux, la méthodologie la plus adaptée était la méthodologie du Lean. Donc nous, clairement, on utilise encore cette méthodologie au quotidien. C’est en effet une méthodologie agile qui comme le dit ce mot, a la particularité d’être très très agile au quotidien et d’évoluer en fonction des feedbacks et des retours utilisateurs puisque, en effet, le nerf de la guerre reste le feedback et le retour de l’utilisateur. Nous, on peut avoir une vision, une idée du projet et donc construire un site web et se dire, voilà, le bouton, je vais le mettre en haut à droite mais on peut se rendre compte avec un certain nombre de feedbacks utilisateur qu’en fait ces personnes ne voient pas ce bouton. Et à partir de là, on va devoir faire évoluer constamment le site en fonction des besoins. Là, j’ai donné un exemple qui était plutôt un exemple ergonomique UX, qui, est un exemple, je ne dirais pas forcément représentatif d’un certain nombre de feedbacks utilisateurs, je vais pouvoir avoir d’autres retours métier bien plus importants que, en effet, juste une question de bouton ou de couleur. Cela va être par exemple des utilisateurs qui vont exprimer un besoin comme le fait par exemple d’avoir des salles pour donner des cours. Çà, c’était quelque chose à laquelle on n’avait pas du tout pensé et ces feedbacks utilisateur nous permettent de dire « tiens, Kokoroe, faudrait peut-être qu’on envisage des partenariats avec des salles » et donc on se repositionne même au niveau du cœur de métier, on fait un petit pivot léger grâce à cette méthodologie du lean startup qui nous permet de partir des retours utilisateurs et de reprioriser au quotidien les tâches de chacune des personnes de l’équipe. Concrètement, comment cela se passe au quotidien cette méthodologie du Lean startup : à la base, quand on lance une startup, il y a ce fameux schéma du Lean où il faut répondre à un certain nombre de questions (c’est un schéma que vous pouvez trouver très facilement en ligne sur internet : lean CANVAS), c’est l’idée de dire qu’on va répondre à un certain nombre de questions qui sont relatives à la cible, à la proposition de valeur, à votre avantage concurrentiel, aux barrières technologiques, ou à un certain nombre de barrières que vous pouvez avoir, à votre politique de prix etc. En fait, c’est un CANVAS qui est excessivement intéressant et qu’on utilise au tout début d’une création de startup parce ce qu’il amène à se poser des vraies questions fondamentales finalement sur notre produit. Donc, çà, c’est quelque chose sur lequel on a énormément travaillé dans les premiers mois avec Microsoft. On a travaillé sur ce CANVAS pendant trois mois. Et très souvent, on y revient aussi pour toujours se dire, est-ce qu’on est toujours dans cette démarche qu’on avait dite au quotidien, est-ce qu’il y a un repositionnement ou non. Là, le Lean CANVAS, c’est quelque chose qui nous suit au quotidien, qui est en trame de fond. Mais au quotidien, on fait ce qu’on appelle nous des « daily meeting » (= « stand-up meeting »), c’est-à-dire qu’on se réunit en rond, on est une dizaine au sein de Kokoroe. Tous les matins à neuf heures, on se met tous en rond, debout, c’est important de le dire, c’est vrai qu’on ne s’assoit pas dans nos canapés, chaises, pour se raconter comment était le film hier, on se met debout et l’objectif, c’est que chacun dise ce qu’il va faire la journée, quelles sont ses facilités, quelles sont ses difficultés, c’est excellent parce que cela permet à chaque membre de la startup, qu’il soit côté métier, développeur, qu’il soit CTO, qu’il soit stagiaire, bref à tout le monde de savoir ce que chacun fait, donc en terme de communication, c’est excessivement fort. Cela permet de trouver des solutions à des problèmes et de communiquer tous ensemble et surtout en terme de management, c’est excellent, parce qu’on n’est pas obligé toute la journée de dire « où tu en es », « comment tu avances », etc c’est-à-dire que d’un point de vue management, c’est excessivement fort. Donc, voilà, nous on utilise le Lean et donc en effet les « daily meetings » qui se font debout et on a un certain nombre d’outils qui nous permettent de prioriser, de reprioriser, qui sont le GANTT, le GANTT, c’est excellent,  cela donne une vision à très long terme et le TRELLO. Le TRELLO nous permet de définir des sprints à la semaine, chacun dit ses objectifs à la semaine et dès qu’un objectif est fait, on peut le bouger dans d’autres cases pour dire que c’est fait. Donc, le TRELLO, c’est excellent.

Claire Cornic : le TRELLO, c’est un logiciel

Raphaëlle Covilette : Tout à fait, c’est un logiciel. Et le troisième point, c’est qu’on utilise un outil de tchat interne qui s’appelle slack et qui est excellent pour faire passer des messages, pour communiquer de façon informelle et mettre aussi une bonne ambiance au sein de la startup.

Claire Cornic : Quels conseils donneriez-vous vous à un créateur ou à une créatrice de startup en particulier dans le domaine d’internet et des applications mobiles ?

Raphaëlle Covilette : Oui, tout à fait, je pense, en effet, qu’il y a des conseils à donner, Claire. Le premier conseil, dans le milieu de l’entreprenariat en tout cas, c’est la notion de faire, c’est vraiment l’action. Nous, on a vraiment beaucoup de personnes qui ont des idées autour de nous, il y a une vraie vague entrepreneuriale en France, tout le monde a envie de monter sa boîte, tout le monde a des idées, des projets et c’est excessivement positif, je pense qu’en France on est très créatif mais ce qui fait réellement la différence entre les bonnes startups de celles qui finalement arrivent un peu moins loin, c’est pas tant l’idée parce que l’idée, de toute façon, évolue, c’est vraiment la notion de faire qui est liée à l’équipe, c’est-à-dire que très vite, il y a des startups qui vont mettre des choses en place et qui par rapport aux feedbacks des utilisateurs vont donc en effet réajuster, qui vont être dans cette notion de faire, et qui vont faire avancer finalement la machine. Et d’autres personnes qui vont être dans les idées, dans la conception, qui vont mettre énormément de temps à faire et qui parfois ne vont pas faire. Faire, ça veut dire quoi : lancer un site, rencontrer des gens, créer une campagne de communication, ça veut dire du rendu. Des personnes qui vont mettre excessivement de temps à réfléchir, à penser, à imaginer, qui, au bout de six mois, potentiellement vont sortir quelque chose pour se rendre compte de toute façon que ce produit doit évoluer. Tout produit, tout ce qu’on fait évolue forcément parce que seul ou même quand on est à dix à créer une startup, on a une vision mais de toute façon, les utilisateurs pensent différemment. Donc ce qui fait vraiment la différence, c’est l’action, c’est la notion d’action que certains ont et d’autres ont moins.

Claire Cornic : l’action et être à l’écoute des utilisateurs…

Raphaëlle Covilette : çà, c’est la deuxième chose en effet. Être à l’écoute, c’est hyper important parce que, une chose est d’agir, mais il faut également se remettre en question, remettre en question son produit, et surtout écouter, rencontrer ses utilisateurs, nous, chose qu’on fait au quotidien avec Kokoroe, écouter, rencontrer ses utilisateurs, et faire évoluer le produit en fonction des besoins. Des besoins qui peuvent être très techniques, liés au produit, par exemple « je ne vois pas comment payer sur Kokoroe », « je ne comprends pas comment je reçois mon argent », etc … Là on se rend compte qu’il y a un problème côté produit ou des besoins qui vont être plus profonds, qui vont être de dire « moi, je ne trouve pas ma salle » ou « j’ai du mal à trouver des élèves » et là, on se rend compte qu’il va falloir construire quelque chose pour trouver des salles ou aider les professionnels à trouver facilement des élèves. Donc, il y a un certain nombre de feedbacks.

Un troisième conseil, c’est réellement, on en parlait tout à l’heure, c’est aussi l’organisation et la méthodo. La méthodo dans la création d’une start-up, c’est juste fondamental parce qu’on est complètement booké au quotidien et parce qu’on est juste submergé par des informations, des feedbacks et des choses à faire. Nous, on est dix, déjà par les membres de l’équipe qui nous posent des questions en effet, qui ont besoin de nous pour avancer mais par les utilisateurs qui nous font des feedbacks. Donc, en effet, la méthodologie, avoir des bons outils pour s’organiser, c’est la base.

Claire Cornic : et comment vous avez recruté vos collaborateurs ?

Raphaëlle Covilette : moi, je suis une ancienne chasseuse de tête, donc je sais en effet comment recruter les collaborateurs. C’est assez simple, il y a un outil qui s’appelle LinkedIn, un réseau social professionnel qui est excessivement connu et puissant. Il suffit juste de taper des mots clés dans le moteur de recherche et après, de contacter les personnes qui nous intéressent. On fait un entretien téléphonique, après on les rencontre et c’est bon. C’est finalement assez simple de recruter.

Claire Cornic : Merci beaucoup Raphaëlle pour tous ces conseils et tous ces feedbacks. N’hésitez pas à laisser un commentaire sous l’article et à bientôt sur le blog-gestion-de-projet.com

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