CMMi, la Rolls des modèles méthodologiques ?

CMMi, la Rolls des modèles méthodologiques ?

Vous avez sûrement entendu parler de Prince2, l’Agilité voire du PMBOK ?!
Ce sont des modèles méthodologiques qui sont utilisés pour gérer des projets informatiques.
Mais connaissez-vous le CMMi ? A qui s’adresse-t-il, que permet-il de faire et comment se positionne-t-il par rapport aux autres modèles ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, revenons à nos fondamentaux : qu’est-ce qu’un projet ?!
C’est atteindre un objectif (livraison d’un produit ou service) en mettant en œuvre des ressources suivant une organisation définie en respectant des contraintes (coût, qualité, délais). Et c’est le chef de projet qui sera le chef d’orchestre !
Je n’apprendrai rien aux chefs de projet aguerris : gérer un projet ne se réduit pas à suivre un planning de tâches, vous avez aussi à gérer un budget, des exigences, des tests, des bugs, des versions de documents, des indicateurs d’avancement, des réunions, … Bref, beaucoup d’activités aussi diverses que variées !
Vous savez aussi que les projets informatiques ont la fâcheuse tendance à déraper dans le temps et en budget.

Les modèles méthodologiques comme CMMi sont là pour aider à la réussite des projets en mettant à disposition un recueil de bonnes pratiques (activités à réaliser) regroupées.

La genèse du CMMi :

  • années 1970 : une étude montre qu’à peine 5% des projets du Département de la Défense des États-Unis (DoD) se terminent dans les délais prévus avec un produit répondant aux attentes (mini scandale à l’époque, c’est le contribuable qui paie !).
  • années 1980 : le DoD demande l’élaboration d’un référentiel de critères pour évaluer ses fournisseurs de logiciels.
  • 1991 : le SEI (Software Engineering Institute) présente le Capability Maturity Model (CMM). Ce modèle ne concerne que le génie logiciel.
  • 2001 : le SEI propose une nouvelle version de son modèle, le CMMI (Capability Maturity Model Integration) en v1.1 qui englobe les bonnes pratiques d’autres modèles (hors logiciel).
  • 2011 : sortie de la dernière version du modèle (version 1.3)

Pour résumer, le CMMi fait partie des premiers modèles méthodologiques à destination des grandes organisations réalisant des projets informatiques conséquents. Son but est de maîtriser le déroulement d’un projet pour qu’il soit livré dans les temps et budgets impartis.

Petite particularité : le CMMi couvre les attentes d’un chef de projet avec des processus comme la «planification de projet», la «gestion des exigences», la «solution technique», … Mais il couvre aussi celles de l’organisation avec la «formation organisationnelle», la «performance des processus», l’«innovation organisationnelle», …
Cette particularité se retrouve dans les certifications où ce sont les entreprises qui sont certifiées et non des individus.

Structure des processus du modèle CMMi

Tel qu’indiqué précédemment, le CMMi est un recueil de bonnes pratiques qui sont regroupées par processus (Process Area).
Dans chaque processus, vous avez :

  • des objectifs à atteindre (par exemple la définition et la validation d’un besoin à réaliser par le projet)
  • des pratiques à réaliser pour atteindre ces objectifs (par exemple lister des exigences, les discuter, les valider)
  • des produits d’activité qui résultent de la réalisation des pratiques (par exemple un cahier des charges) faisant aussi figure de preuve que l’activité (et donc le processus) s’est bien déroulé

Ces processus sont regroupés par catégorie :

  • Gestion de projet (activités quotidiennes de gestion de projet)
  • Ingénierie (activités liées à la conception et la réalisation d’applications informatiques)
  • Support (activités support aidant la gestion de projet)
  • Gestion des processus (activités de l’organisation pour favoriser le déroulement de ses projets)

Les certifications CMMi

Il existe 4 niveaux de certification, du niveau 2 au niveau 5.

Le premier niveau « initial », est qualifié « d’héroïque » car la réussite des projets repose essentiellement sur l’effort individuel plus que sur un effort collectif et coordonné.

Dans le cadre des certifications, on parle de représentation étagée, chaque niveau fixant une liste de processus.
Toutefois le CMMi peut également s’utiliser en représentation continue ; vous choisissez ainsi les processus que vous souhaitez implémenter.

A qui s’adresse le CMMi

Vous l’avez compris, le modèle CMMi est très complet, couvrant aussi bien les aspects directement liés à la gestion des projets, que l’environnement (l’organisation) dans lesquels ils sont réalisés.
Vous le trouverez essentiellement dans les grands groupes et certains de leurs sous-traitants informatiques.
Sachez enfin que le CMMi n’est pas incompatible avec l’implémentation d’autres modèles, bien au contraire !
Il est ainsi possible d’implémenter du CMMi pour vos projets de développement informatique et d’utiliser l’ITIL lorsque vos applications passent en exploitation. Et c’est souvent le cas lorsqu’ils ont une forte proportion de R&D, vous pouvez intégrer des méthodes Agile dans vos projets de développement CMMi.

Et rappelez-vous ce que disait G. Box : « tous les modèles sont faux, mais certains sont utiles ».

A vous de trouver celui qui vous convient le mieux, il en existe sûrement un pour vous !

Joris Thomassin

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