Comment planifier un projet comme on joue une partie d’échecs?

Comment planifier un projet comme on joue une partie d’échecs?

Un projet tout comme une partie d’échecs suit des phases, il y a la préparation, la réalisation et la clôture. Aux échecs, on appelle ça autrement : l’ouverture, le milieu de partie et la finale. Chaque phase a ses enjeux, ses objectifs, sa stratégie et sa tactique.

En planification opérationnelle, il existe différentes méthodes, la plus utilisée est celle du chemin critique, mais il existe aussi la méthode de la chaine critique, les méthodes agiles ou bien la planification par vagues.
Certaines méthodes de planification recommandent uniquement des liens logiques de types fin-début entre les tâches, d’autres méthodes préconisent l’ingénierie concourante par exemple. Ces méthodes conditionnent la manière dont le projet est modélisé durant son cycle de vie, et aussi comment il est géré, donc comment il se déroule dans la réalité.
Aux échecs, on part sur un type de partie : ouverte ou fermée, semi-ouverte ou semi-fermée, de type Italienne, Scandinave variante croisée des chemins, gambit de la dame, Française, Espagnole ou bien Sicilienne, etc. De la même façon, ces types de parties influent sur toute la durée du jeu car elles amènent sur un terrain prédéfini.

Le planning possède une fin, et l’objectif est atteint quand le projet s’est terminé dans les délais. Aux échecs la partie possède aussi une fin, elle se termine quand le roi adverse est mat.
Une des clefs de la stratégie aux échecs est la structure de pions, elle est aux échecs ce que le Work Breakdown Structure (WBS) est au planning. La structure de pions conditionne toute la gestion de la partie, et toute la gestion d’un projet tourne autour du WBS.

Aux échecs ont prévoit des combinaisons, des variantes, alors que dans un planning on prévoit des scénarii ou plans d’actions. Ça s’appelle la tactique ou la vision « relative » du court terme.
Aux échecs, il s’agit d’améliorer sa position à chaque coup, tout comme dans un projet : à chaque mise à jour du planning, il faut se réorganiser pour corriger les écarts afin de tenir l’objectif de date final.
L’échiquier, avec ses 64 cases, est le terrain. Le diagramme de Gantt, avec ses axes tâches et temps, dont la granularité peut être le mois (les cases), constitue également le terrain d’un projet.

Les pièces ont une valeur aux échecs, un cavalier est par exemple trois fois plus puissant qu’un pion. Dans un projet les tâches ont aussi une valeur, elles sont une durée et un budget, en euros.

Les pièces d’un échiquier ont des caractéristiques, elles bougent d’une certaine façon, tout comme les tâches d’un planning qui ont des attributs telles que leur criticité ou leur marge libre.
Le temps aux échecs est le coup, alors que dans un planning le temps est rythmé par les mises à jour périodiques.

La planification opérationnelle a des origines militaires, et le jeu d’échecs est clairement un combat entre deux armées.

Planifier c’est prévoir, planifier est un synonyme de stratégie. Le parallèle entre le jeu d’échecs et la planification de projet saute aux yeux, le voyez-vous ?

Jean-Yves MOINE

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