Comment concevoir, animer et réussir un projet?

Comment concevoir, animer et réussir un projet?

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Avec un titre pareil, concevoir, animer et réussir un projet, cet ouvrage co-écrit par Tatiana Bouzdine-Chameeva, Emmanuel Carré et Alain Labruffe, ne pouvait que retenir mon attention. Et je n’ai pas été déçue d’avoir acquis cette véritable caisse à outils du chef de projet.

L’ouvrage est structuré autour de 100 questions et réponses concrètes qu’on peut se poser en tant que chef de projet. Il présente au travers des réponses des méthodologies concrètes et applicables à nos projets.

 

Les atouts et les limites de l’ouvrage

Ses atouts

  • Les questions/réponses qui rendent la lecture dynamique et fluide.
  • Beaucoup de bonnes idées de recettes à tester dans la conduite de projet.
  • Une partie complète sur la place de l’imagination et de la créativité dans la gestion de projet, partie originale et assez rare dans les ouvrages de gestion de projet
  • L’importance de l’efficacité personnelle du chef de projet
  • l’approche par les outils méthodologiques

Ses limites

Il n’y a pas assez d’exemples concrets de projets où sont appliqués les méthodes proposées, pas de retour d’expérience projet, les auteurs ne nous emmènent pas sur le terrain, c’est un peu dommage.

On trouve quelques redites entre les différentes parties de l’ouvrage, sans doute à cause du fait que l’ouvrage soit co-écrit par trois auteurs distincts.

Pas de lexique

L’organisation de l’ouvrage

Les 100 questions et réponses de ce livre sont réparties dans 7 parties principales :

  • Comprendre le management de projet
  • Imaginer un projet
  • Formaliser un projet
  • Constituer un groupe projet
  • Planifier un projet
  • Mieux communiquer au sein d’un groupe de projet
  • Animer un projet en tant que chef de projet

1ere partie : Comprendre le management de projet

Cette partie contient deux tableaux qui présentent par ordre alphabétique

  • les outils formels d’un projet et le niveau de difficulté de chaque outil
  •  les outils relationnels d’un projet et le niveau de difficulté de chaque outil

Les outils formels présentés dans le tableau de synthèse sont les suivants : l’Abécédaire, AMDEC, l’arbre des dysfonctionnements, le brainstorming, le Bilan d’étape, le Circept (roue en étoile pour structurer une idée, un exposé, un problème), cartographie des compétences, arbre des conséquences, carte stratégique, les 5 pourquoi, le chemin critique, l’analyse compensatoire, le choix optimisé, la combinatoire, la table de concassage, les diagrammes, l’analyse défectuologique, l’évaluation des compétences, l’Exposé, l’analyse fonctionnelle, le diagramme de Gantt, les Guides, le GRIP, les Grilles d’analyse, les Histogrammes, l’Hexamètre de Quintilien (QQQOPCCMR), l’Inventaire, le diagramme d’Ishikawa, l’Infogramme (réseau de relations), la roue d’Inférences, le diagramme d’influence, Kaizen, le Métaplan, la cible de Northway (analyse et formalisation des relations dans un groupe de travail), ordinogrammes (mise en évidence d’un processus), matrice de priorités, Pert, analyse de Pareto, réseau de Petri, Principe de parcimonie, loi de Parkinson, Plan de travail, Plan d’action, loi de Poisson, pensée latérale, roue de Deming, statistiques, SPC (méthodologies d’analyse de données), scénarios (recherche et développement), Stochastique (analyse en arborescence) , Six Sigma, Tableaux, Test, estimation des temps, courbe en U, Analyse de la valeur, matrice de Zwicky (matrice de créativité pour trouver de nouveaux arrangements fonctionnels).

Les auteurs répondent ensuite à la question « comment donner vie à une idée« .  Pour poser la problématique d’un projet, l’Hexamètre de Quintilien apparaît comme une réponse adaptée. Il s’agit de partir du postulat suivant : pour analyser une idée et présenter un projet, initier une action ou obtenir un produit ou un service de qualité « l’Homme doit être toujours et constamment placé au centre du système« . Quintilien a proposé un hexamètre, c’est à dire un système de 8 questions dont les réponses vont permettre de mieux cerner une problématique projet: Qui?, Quoi?, Pourquoi?, Combien?, Comment?, Quand?, Où?, Par quels moyens? La question Qui est placée en premier lieu puisque ce sont les hommes qui sont au centre de toute problématique.

Les auteurs proposent aussi un parcours créatif de la conduite de projet: identification, Formulation, Déconstruction, Reformulation, Imprégnation, éloignement, renversement, rapprochement, blocage, maturation, rupture, révélation, mise en forme, présentation et diffusion.

 2eme partie : Imaginer un projet

Les auteurs nous livrent ici des conseils méthodologiques pour conduire une séance de travail constructive en mobilisant l’intérêt des participants. Ils nous donnent des techniques pour libérer et stimuler  l’expression des idées. La matrice de concassage d’Alex Osborn est par exemple un outil intéressant pour démultiplier les idées de solutions.

Le recours à des analogies créatives est préconisé pour favoriser la production d’idées nouvelles dans l’équipe projet. La technique du brainstorming pour produire des idées nouvelles est détaillée pas à pas. D’autres techniques sont proposées et expliquées  pour développer la créativité au sein d’un groupe de projet :  identification à un objet, identification empathique aux personnes avec qui on est en conflit, méthode du rêve éveillé dirigé, méthode de la visualisation.

Plusieurs techniques de gestion d’équipe projet en réunion sont aussi proposées : techniques pour mobilier les participants et inciter le fait qu’ils s’expriment au cours des réunions.

Les auteurs nous proposent d’évaluer la cohésion du groupe de projet, cohésion dont dépend la réussite du projet. Cette évaluation est proposée sous forme d’un tableau où l’on associe une note à chaque participant pour des critères pré-définis pour évaluer la coopération en groupe : affectivité, attitude, changement, détachement, différence, écoute, expression, méthode, préjugés, réfutation. Une technique dite des 6 chapeaux nous est enfin proposée pour vaincre les résistances au changement.

 3eme partie : Formaliser un projet

Dans cette partie, les auteurs se penchent sur la qualité dans les projets avec la roue de Deming. Ils rappellent l’importance de l’adoption de l’amélioration continue dans les projets, et de la  communication positive.  Les auteurs détaillent le schéma général de projet avec les différentes étapes du projet et les méthodes que l’on peut associer à ces différentes étapes.

Cette partie répond essentiellement aux questions suivantes : Comment passer de l’idée à la formulation d’un projet? Comment établir un cahier des charges? Comment construire un arbre de décision? Comment formaliser le processus d’analyse d’une décision? Comment construire un diagramme causes-effets?

La formalisation des risques du projet est proposée sous forme d’un tableau AMDEC (Analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leur criticité) simplifié.

4eme partie : constituer un groupe projet

Constituer la meilleure équipe projet possible fait partie des défis du chef de projet. Les auteurs expliquent et préconisent l’utilisation du modèle Hermann. Travailler avec une équipe à cerveau total fait donc partie des atouts pour diversifier les talents au sein de l’équipe projet. L’ouvrage présente aussi un guide d’entretien pour évaluer les compétences relationnelles des participants de l’équipe projet et un mode de cartographie de ces compétences et plus particulièrement une grille d’évaluation détaillée des 15 compétences de savoir-être du chef de projet, idéale pour s’évaluer et définir ses axes de progression: maîtriser le stress et les émotions, optimiser l’efficacité personnelle, apprendre à se ménager, prendre la parole en public, pratiquer la communication positive©  pour gérer un conflit, travailler en équipe (team building), participer et conduire une réunion efficace, conduire un projet avec méthode, perfectionner le leadership, évaluer les compétences, conduire des entretiens délicats, innover et développer la créativité, apprendre à apprendre, mettre en œuvre la démarche qualité globale, perfectionner le développement personnel.

5eme partie : planifier un projet

Ici, l’ouvrage aborde la démarche de planification : il s’agit de lister les tâches du projet par ordre chronologique et d’estimer le temps nécessaire pour chaque tâche. On peut ensuite présenter le projet sous forme de diagramme de Gantt, qui est un diagramme à barres horizontales. L’ouvrage aborde alors les problèmes que l’on peut rencontrer dans la planification, à savoir la réduction des délais et les problèmes d’affectation des ressources et nous propose des manières de résoudre ces problèmes.

Dans la gestion de son projet au quotidien, le chef de projet peut aussi recourir à une matrice de priorités.

Enfin, pour détecter les points critiques des projets, les auteurs nous proposent l’utilisation du réseau de Petri.

6eme partie : Mieux communiquer au sein d’un groupe projet

Une communication efficace est un facteur clé de succès du projet. Comment favoriser la communication dans un groupe de projet, comment traiter l’information vers l’extérieur, quelles sont les attitudes favorables à la conduite de projet?

Pour favoriser un climat de réussite du projet, les auteurs sont adeptes de la communication positive© (tout comme moi).  Il s’agit d’un mode de communication qui repose sur un état d’esprit général, ouvert et optimiste et la transformation des négatifs d’autrui.

Les auteurs nous proposent plusieurs outils méthodologiques pour favoriser une communication efficace. Pour traiter des informations en continu, les auteurs préconisent l’utilisation du circept, qui est selon eux l’outil le plus puissant et le plus original (page 217 et page 225).  Les techniques de prises de notes efficaces telles que le mind-mapping sont présentées (page 223).

Les auteurs abordent enfin des techniques de développement de l’empathie pour ouvrir le dictionnaire d’autrui et des méthodes de gestion et de surpassement des conflits (P 234).

7eme partie : Animer un projet en tant que chef de projet

Pour conduire un groupe, on s’attend à ce que le chef de projet ait confiance en lui, qu’il soit sûr de lui car il est garant de l’établissement et du maintien de la cohésion du groupe. Cette partie développe le rôle du chef de projet, l’état d’esprit positif qu’il doit adopter pour favoriser la réussite du projet qu’il conduit et qui passe par l’expression des compétences de chaque membre du groupe projet et la progression de chacun. La cartographie des compétences du chef de projet est aussi un outil d’évaluation du chef de projet proposé.

Ma conclusion

Bref, pour conclure, je dirais que cet ouvrage est intéressant pour revoir la panoplie d’outils méthodologiques qui s’offrent à nous, en tant que chef de projet mais qu’il faut compléter sa lecture par des retours d’expérience de chefs de projet pour la mise en application sur le terrain de ces outils.
Pour se procurer l’ouvrage, c’est par ici : Concevoir, animer et réussir un projet

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Chronique réalisée par Claire Cornic

Un commentaire

  1. patrick 22 mars 2013 à 11 h 54 min - Reply

    Je suis vraiment très content pour cet article, c’est vraiment très intéressant

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