Intégration des modèles méthodologiques dans les PGI… Le chaînon manquant

Intégration des modèles méthodologiques dans les PGI… Le chaînon manquant

Rationalisation et efficacité. Ces deux termes résument les contraintes auxquelles sont confrontées les organisations actuelles ayant à gérer des portefeuilles de projets voire des programmes ou domaines de parcs applicatifs.

Depuis ces 15 dernières années, les problématiques liées à la sphère de la gestion de projets ont connu de nombreuses mutations.

La volonté de réduire les coûts, de produire mieux et plus rapidement ainsi que d’avoir une meilleure anticipation ont conduit les organisations à mettre en œuvre des solutions prenant en compte les contraintes organisationnelles, fonctionnelles et techniques différentes et adaptées à leurs modes de production.

Au regard de ces changements, afin de mener à bien les projets dont elles ont la charge, tout en conservant la maitrise de leurs coûts, délais et périmètre, les entreprises peuvent opter soit pour :

  • l’acquisition d’un ou plusieurs outils dédiés à la gestion de leurs activités projet (Caliber, MS Project, QC ALM, Clarity, Kalisseo, Génius inside….)
  • la mise en place de modèles méthodologiques ou de cycle projet (CMMI , Prince2, Méthodes Agiles, Lean Six Sigma, cycle en V…)

Le choix de l’une ou de l’autre voire des 2 options citées supra constituent de véritables atouts pour les organisations qui les ont retenues.

En effet, l’adoption d’un outillage commun et/ou la mise en place de processus méthodologiques standardisés apportent au sein d’une organisation et cela à bien des égards nombre d’avantages :

  • coûts de maintenance réduits,
  • transmission facilitée des savoirs et capitalisation des acquis
  • uniformisation des pratiques

Cependant, force est de constater que les gains générés par les solutions mises en place au travers des outils dédiés à la gestion de projets ou de processus méthodologiques ne sont pas toujours optimales et pourraient être donc améliorées.

Les raisons permettant d’arriver à ce constat proviennent du fait que les organisations traitent souvent de façon décorrélée les outils et les processus organisationnels dont elles ont besoin

Prenons pour exemple les cas suivant : utilisation de QC ALM dans le cadre de la gestion des exigences, des scénarios de tests et du suivi des anomalies.

Dans la majorité des cas, les DSI mettent en place des processus méthodologiques afin de gérer et maitriser le périmètre fonctionnelle tout en assurant une traçabilité du besoin en amont (expression du besoin, cahier des charges…) et en aval (cas de tests, anomalies…) par rapport aux exigences qu’elles auront identifiées.

L’outillage qui sera associé à la gestion du périmètre de ces exigences ne sera défini que dans un second temps.

De ce fait l’organisation cherchera à trouver des solutions pour suivre au mieux les processus méthodologiques qu’elle aura définie sans avoir au préalable pris les contraintes techniques et fonctionnelles de l’outil retenu.

Ce qui aura pour conséquence de générer des coûts de mise en œuvre plus élevés pour l’entreprise afin d’adapter les processus méthodologiques à l’outil.

Au travers de cet exemple, on se rend compte que bien qu’il puisse exister des outils spécialisés pour suivre un ou plusieurs processus organisationnels, ces outils omettent et n’intègrent pas de modèles méthodologiques qui pourraient permettre une meilleure utilisation et efficacité des organisations qui les utilisent.

Si on élargit le périmètre de notre analyse, on arrive au constat selon lequel aucun outil ou progiciel de gestion intégré dédié à la gestion de projet ne prend en compte les modèles méthodologiques, quand bien même ces derniers semblent pérennes.

Pourquoi cette lacune ?

Les contraintes techniques de mise en œuvre d’un référentiel dans un PGI sont-elles trop lourdes ? Les processus définis au sein des modèles méthodologiques ne sont-ils pas suffisamment stables ou trop fluctuants ? Les organisations ne sont-elles pas encore prêtes à investir dans un PGI intégrant un référentiel méthodologique ?

La question est en tout état de cause posée, d’autant que les retombées pour une organisation semblent potentiellement très élevées :

  • intégration du référentiel interne d’une organisation ou d’un modèle méthodologique standard dans un PGI afin de permettre aux utilisateurs de mieux appréhender les processus mis en œuvre et de pouvoir y accéder à tout moment (conduite facilité du changement)
  • centralisation et traitement de l’information permettant de faire remonter plus rapidement l’information et par conséquent la prise de décision
  • utilisation d’un outil plutôt que de multiples outils (gains en termes de coûts logiciels, montée en compétence sur un seul outil, pas de problèmes d’interopérabilités entre plusieurs outils)

Les organisations doivent traverser de nombreux écueils afin de réussir à mettre en production des projets dans les délais prévus et avec un budget maîtrisé. Les modèles méthodologiques, le cycle projet et l’utilisation d’outils adéquats correctement combinés sont sans aucun doute des facteurs clés de succès d’un projet.

Toutefois, dans le contexte de concurrence exacerbée auxquels se livrent les entreprises, du raccourcissement du délai d’aboutissement des projets, et de maitrise des processus de production, il subsiste encore des axes d’amélioration vers lesquels les éditeurs de progiciels devront se tourner, ou tout au moins de se poser la question d’intégrer à leurs PGI les standards méthodologiques actuels permettant ainsi de rendre plus efficientes les organisations ayant en charge des projets informatiques.

Alex Francius

Un commentaire

  1. kelepily 11 octobre 2013 à 21 h 04 min - Reply

    Cet article est intéressant et mérite d’être lu par les cadres chargés de gérer les projets en entreprise.

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