Interview de Guillaume Passaglia, serial entrepreneur, au sujet de 5euros.com

Interview de Guillaume Passaglia, serial entrepreneur, au sujet de 5euros.com

J’ai rencontré Guillaume Passaglia au Salon des Entrepreneurs au Palais des Congrès à Paris sur le stand du site 5euros.com, je vous livre ici une interview inédite qui confirme l’intérêt de travailler en méthode agile…

Claire Cornic : Bonjour Guillaume, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Guillaume Passaglia : Bonjour Claire, alors après mon Bac, j’ai suivi un cursus en Master Ingénierie Mathématique Informatique à l’IUP d’Avignon avec l’ambition de devenir chef de projet. Parallèlement à cela, j’ai dirigé une équipe de jeu vidéo semi-professionnelle, quand l’Esport était à ses débuts. Expérience palpitante grâce à laquelle j’ai appris la gestion d’une association et d’une société, la recherche de sponsors et ça m’a donné le goût de entrepreneuriat. C’est à cette période que j’ai rencontré mon associé Maxime Valette.
Lorsque j’ai obtenu son Master en 2006, Maxime venait d’obtenir le Bac et notre envie commune de construire quelque chose nous a poussé à créer la SARL Beta & Compagnie. Le but était de développer de nouveaux concepts sur le web et d’en vivre. J’ai déménagé à Reims pour le rejoindre et nous avons fait quelques contrats afin de payer les factures.
En 2008, le site Vie De Merde (VDM) est né, voilà le concept qu’on attendait depuis longtemps. À la base un simple tchat entre amis, le site internet a rencontré un succès phénoménal. En 3 mois, le site dépasse les 100 000 visites par jour. L’année suivante, le site est lancé dans les pays anglophones sous le nom FML (FuckMyLife) et connait le même succès. FML est même rentré dans le dictionnaire. Par la suite, on a sans cesse amélioré le concept (site, app mobile, livre, série tv, jeu… ). En 2012, on lance un projet axé sur la compréhension des adblockers : Adback. Cette société a levé en 2016 700 000 euros auprès de UI Gestion et de la BPI (Banque Publique d’Investissement). L’entreprise a déjà comme clients plusieurs grands médias nationaux.
Serial-entrepreneurs, on lance Netcats en 2016 qui est un regroupement d’anciens projets : 5euros, Feedpress, Betaseries. Aujourd’hui, j’ai 35 ans et je vis entre Paris et le sud de la France grâce à une culture du télétravail très présente chez Netcats.

Claire Cornic : Quel(s) enseignement(s) tirez-vous de votre/vos expériences précédente(s) pour vos projets actuels ?

Guillaume Passaglia : Nous avons beaucoup de projets actuellement même si deux sont au centre de nos préoccupations : Betaseries et 5euros. Grâce à VDM et avant ça dans le jeu vidéo, nous sommes devenus spécialistes dans la gestion de communauté. Savoir faire grossir correctement un projet avec une base de membres conséquente n’est pas chose facile et c’est maintenant notre point fort. C’est exactement ce que nous faisons sur 5euros : au delà du concept, le succès du site passe par sa communauté.

Claire Cornic : Comment vous est venue l’idée du site 5euros.com ? Combien êtes-vous dans l’équipe ? Quels sont les rôles de chaque membre dans l’équipe ? Comment avez-vous recruté les membres de votre équipe ?

Guillaume Passaglia : Nous avons commencé à poser les bases de 5euros en 2012 à la suite du succès de l’israélien Fiverr aux Etats-Unis. Fiverr est particulièrement implanté là bas mais n’est jamais vraiment arrivé à se développer ailleurs. Pourtant, le concept nous a tout de suite emballé et on s’est dit qu’il n’y avait aucune raison que ça ne fonctionne pas en France. On a donc commencé à travailler, à adapter le site avec nos codes et notre vision. Les débuts ont été difficiles puisque sans client, pas de vendeur et sans vendeur, pas de client. Nous avons dû être patients pour aller chercher les vendeurs un par un jusqu’à former un début de communauté et le site a commencé à vraiment décoller en flèche début 2016 lorsque nous avons atteint notre masse critique.
Netcats compte 12 personnes, nous partageons les ressources de développement entre nos projets et nous faisons tout en interne : développement, design, promotion, community management, support.

Claire Cornic : Est-ce que vous pouvez nous parler de la méthode de gestion de projet que vous avez utilisée pour lancer votre site internet ? Quelles sont les caractéristiques de cette méthode ? 

Guillaume Passaglia : Nous travaillons en méthode AGILE : Pour chaque projet, une réunion par semaine durant laquelle nous faisons avec une analyse de ce que l’on a fait la semaine dernière, des difficultés que l’on a eu et si nous avons atteint les objectifs. Puis nous définissons les objectifs de la suivante. Chaque jour, le daily est géré par un bot sur Slack (Geekbot) pour savoir ce que chacun a fait la vieille, ce qu’il faut aujourd’hui et s’il a rencontré des difficultés. En fait, au fur et à mesure des mois, nous sommes devenus de plus en plus carrés dans la méthode. On ne saisie pas forcément l’importance au début mais lorsqu’on l’applique vraiment, les gains sont phénoménaux : tout est plus clair, l’équipe est plus soudée et on sait exactement où on va.

Claire Cornic : Quels logiciels de gestion de projet agile utilisez-vous ? Pourquoi ?

Guillaume Passaglia : Au quotidien, nous utilisons Slack, Trello (ou clubhouse). Associé à Github, c’est pour nous la façon la plus efficace de gérer nos projets. C’est complémentaire et facile à prendre en main par toute l’équipe.

Claire Cornic : Quel(s) conseil(s) donneriez-vous vous à un créateur ou à une créatrice de startup en particulier dans le domaine d’internet et des applications mobiles ?

Guillaume Passaglia : Monter un projet n’est jamais facile. Lorsqu’on voit des choses innovantes arriver sur le marché, on se dit souvent la même chose : mais c’est simple et génial, pourquoi n’y ai-je pas pensé ? Pour en arriver à cela, l’entreprise a dû revoir sa copie des dizaines de fois, adapter, travailler, écouter, développer, redévelopper, recalculer les temps de dev, la rentabilité, ses fonds disponibles… C’est un jeu d’équilibriste. N’attendez jamais d’avoir un produit parfait pour vous lancer et restez simple : c’est en testant et en confrontant votre produit à vos clients que vous pourrez ensuite l’améliorer de la meilleure des façons.

Claire Cornic : Merci Guillaume pour ces conseils inspirants !

Guillaume Passaglia : Merci Claire

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