Interview de Kateryna Tryfonova – projet de tourisme dentaire

Interview de Kateryna Tryfonova – projet de tourisme dentaire

Claire Cornic : Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle interview du blog-gestion-de-projet.com. Aujourd’hui, je reçois Kateryna Tryfonova. Kateryna Tryfonova a créé une société qui s’appelle Dental and Co qui est une société dans le domaine du tourisme médical, et plus précisément dans le domaine du tourisme dentaire. Bonjour Kateryna

Kateryna Tryfonova : Bonjour Claire,

Claire Cornic : pourriez-vous expliquer à nos lecteurs comment l’idée de ce projet entrepreneurial vous est venue ?

Kateryna Tryfonova : oui bien sûr. Ce projet est né suite aux demandes d’amis, qui vivent à Paris et à Londres, de leur recommander des dentistes en Ukraine parce que les propositions de traitements et de devis qu’ils avaient reçues à Londres et à Paris étaient juste totalement au dessus de leurs moyens financiers et venant d’une famille de dentistes, ma maman est dentiste, elle pratique depuis 15 ans dans une clinique privée qui lui appartient, elle a pu me recommander des cliniques dentaires de très belle qualité à Kiev. Au final, ils ont pu bénéficier de soins d’excellente qualité, ils en sont ravis et surtout ils ont réalisé des économies très substantielles. Face à ce constat, j’ai décidé de professionnaliser la démarche en créant Dental and Co. Il faut savoir que 40 % des Français repoussent leurs soins dentaires pour des raisons financières – il ne s’agit vraiment de Monsieur et Madame Tout Le Monde et pas uniquement des personnes marginalisées !  En plus, n’oublions pas que cette attente ne fait que aggraver la situation clinique et alourdir la facture. Dental and Co propose donc une véritable solution à toutes ces personnes. Notre offre est axée sur les soins très faiblement voire pas du tout remboursés par la Sécurité Sociale et les complémentaires santé, à savoir les implants dentaires et l’esthétique dentaire. En termes de qualité, je suis une fervente opposante au principe du « low cost » dans l’univers de la santé, c’est un non-sens pour moi. Pour cette raison j’ai choisi les cliniques dentaires high-tech, avec un positionnement haut de gamme et des équipes pluridisciplinaires hautement qualifiées, mais avec des tarifs quasi trois fois moins élevés qu’en France, cela n’est du qu’au différentiel de niveau de vie et de niveau d’imposition. A titre d’exemple, le salaire moyen en Ukraine est de 300 euros environ.

Claire Cornic: d’accord. Alors, quand est-ce que vous avez créé votre société ?

Kateryna Tryfonova : alors j’ai commencé à travailler sur ce projet il y a neuf mois (rires), c’est presque mon premier bébé. On s’est officiellement lancé il y a trois semaines, c’est le tout début de l’aventure, j’ai été très enthousiaste et ravie de recevoir un plutôt bon accueil, et de la part de la presse, et de la part des premiers clients potentiels, le démarrage est très positif, j’en suis ravie !

Claire Cornic: très bien. Et quels sont les objectifs à atteindre pour vous et dans quels délais ?

Kateryna Tryfonova : en fait, je voudrais proposer un service vraiment global donc j’introduis une assurance spécifique qui couvrira les frais de voyage en cas de complications, il s’agit d’une innovation majeure sur ce marché de niche, cette assurance va être prête d’ici trois semaines j’espère, voilà, et le deuxième axe de cette démarche de service global consiste à proposer une facilité d’accès aux financements bancaires, le fameux crédit santé, pour mes clients. Voilà les deux premiers objectifs en termes de « produit ». En termes de marché, durant la première année, je souhaite aussi développer cette société sur le marché russe où les prix sont paradoxalement aussi élevés qu’en France.

Claire Cornic: d’accord. C’est surprenant …

Kateryna Tryfonova : j’étais très étonnée de l’apprendre aussi. Et cela me paraît tout à fait naturel de proposer cette destination qui est qui Kiev à nos frères moscovites (rires).

Claire Cornic: Oui, c’est sûr, c’est pas mal, il faut bien connaître ce marché-là pour y penser ! Et qui d’autre participe à votre projet ?

Kateryna Tryfonova : Alors ce projet s’appuie sur deux cliniques référencées, que j’ai visitées plusieurs fois, dont je connais bien l’ensemble de l’équipe médicale. Il s’appuie également sur une équipe d’interprètes, composée de jeunes femmes très très sympathiques et surtout très pro, qui vont accompagner l’ensemble de nos patients durant leurs soins dentaires. Ce projet s’appuie également sur une petite équipe de développeurs, qui sont basés en Ukraine aussi, qui me soutiennent dans toutes les modifications, et améliorations du site que je suis en train de faire, et aussi sur une petite équipe de graphistes qui sont très chouettes et très pros, qui s’appelle « la part du rêve » et qui sont basées à Paris.

Claire Cornic: D’accord, très bien. Alors, au cours de ce projet qui débute, mais qui débute sur les chapeaux de roues, est-ce que vous avez dû faire face à des aléas, à des difficultés, et si oui, est-ce que vous pouvez nous les exposer succinctement et aussi nous expliquer comment vous avez pu les surmonter ?

Kateryna Tryfonova : (rires) la plus grande difficulté, pour le moment que j’ai pu rencontrer, avait consisté en premiers calibrages de collaboration avec les développeurs en Ukraine, on avait du mal à tenir les délais, parce que pour ma part, je souhaitais aller beaucoup plus vite que ce n’était techniquement possible. C’était la seule petite difficulté qu’on a très bien surmontée au final, on avait eu juste trois semaines de retard mais étant donné que le timing initial était très serré, c’était tout à fait correct.

Claire Cornic: alors comment vous gérez ce projet au quotidien ? Comment ça se passe? Vous vous réveillez, qu’est-ce qui se passe, comment vous organisez vos journées ?

Kateryna Tryfonova : les journées commencent par la vérification de mes e-mails, ensuite je fais toujours un point avec l’équipe des développeurs, parce qu’il y a encore des optimisations à faire. Par exemple, en termes de référencement naturel, on travaille dessus, c’est un chantier interminable (rires), ensuite je passe pas mal de temps à préparer les communiqués de presse, et à communiquer au travers des réseaux, j’utilise Facebook, Twitter, et je vais bientôt commencer à faire des « co-lunchings », ce sont des déjeuners organisés entre  inconnus dont la thématique est surtout axée sur le restaurant ou sur un intervenant principal qui vient animer en quelque sorte le déjeuner, j’espère pouvoir faire le premier déjeuner au mois de juin sur une thématique autour du sourire. Donc cela nécessite pas mal de préparation, et puis je cours entre les rendez-vous avec les investisseurs, puisque que je souhaite lever un tout petit peu de fonds, entre les clients potentiels que je souhaite absolument rencontrer, pour avoir un premier contact réel, pour mieux comprendre leurs attentes et pour mieux présenter le service aussi. Voilà, donc mes journées sont interminables et bien remplies mais toujours très joyeuses !

Claire Cornic: est-ce que, pour vous organiser, vous utilisez des « to-do-lists », et un logiciel de suivi de projet ?

Kateryna Tryfonova : pour le moment, je ne fonctionne qu’avec des « to-do-lists » manuelles (rires), et je pense que ça m’aiderait beaucoup d’implémenter un logiciel qui me permettra par exemple d’avoir accès à mes « to-do-lists » sur tout support, sur téléphone et sur ordinateur, puisque je suis toujours scotchée à mon téléphone, ce serait assez pratique je pense.

Claire Cornic: en effet, cela peut être bien d’avoir quand même un outil dématérialisé.  Et travaillez-vous en pépinière, dans de grands bureaux ou de chez vous ?

Kateryna Tryfonova : pour le moment, de la maison, mais en Juillet, je rentre dans une pépinière d’entreprises.

Claire Cornic: Alors, aujourd’hui, est-ce que vous êtes à même de nous faire un état des lieux, c’est-à-dire sur ce qui vous reste encore  à faire pour atteindre, j’imagine que vous avez des objectifs commerciaux aussi, comme tout entrepreneur, est-ce que vous êtes à même de faire un état des lieux par rapport à ce qui vous reste à faire pour atteindre les objectifs ?

Kateryna Tryfonova : Oui, en termes d’objectifs, on s’est fixé au moins, l’hypothèse basse, serait d’avoir au moins 100 clients par an, dans la première année. L’hypothèse que je vise, et le véritable objectif, c’est de faciliter l’accès aux soins dentaires à 300 personnes.

Pour cela, je m’appuie d’une part sur le référencement naturel, d’autre part par les partenariats et les affiliations. L’objectif étant de cibler, à travers des médias de référence, les personnes, qu’on appelle les jeunes seniors, pour des soins assez complexes et larges de réhabilitation dentaire, et d’autre part un public plus jeune, touts ceux qui souhaitent améliorer, magnifier leur sourire grâce à l’esthétique dentaire. Il s’agit, de femmes et d’hommes de notre génération et plus, des trentenaires et des quadragénaires, qui commencent à avoir des moyens et qui souhaitent donner une nouvelle touche d’éclat à leur sourire.

Claire Cornic: alors est-ce que vous pourriez nous donner quelques conseils pour d’autres jeunes entrepreneurs, jeunes ou moins jeunes, enfin des personnes qui souhaiteraient se lancer comme vous dans un projet de création d’entreprise ? Est-ce que vous auriez des conseils utiles à partager ?

Kateryna Tryfonova : le premier, c’est de ne jamais se laisser décourager, si vous avez un rêve, foncez, évaluez bien les risques mais surtout avancez, il y aura toujours plus de sceptiques que de personnes qui osent vous encourager. L’avenir appartient aux audacieux, et à ceux qui sont bien entourés (rires). Pour cela, je recommande vivement de participer à toutes les soirées de networking de votre domaine, de partager vos connaissances, de partager vos réseaux et de suivre cette émulation intellectuelle basée sur le co-working, le co-brainstorming, j’y crois vraiment.

Claire Cornic: Très bien. Est-ce qu’il y a aussi quelques erreurs qu’il vaut mieux éviter, quand on entreprend ?

Kateryna Tryfonova : (rires) je pense que l’erreur la plus dramatique, c’est de mal choisir ses associés, ou ses investisseurs. Alors, certes, c’est toujours très difficile de démarrer et c’est encore plus difficile de démarrer seul mais parfois il vaut mieux prendre le risque d’avoir bien plus de choses à gérer seul que de gérer par la suite des problématiques qui n’ont pas affaire au(x) produit(s) ni au(x) service(s) que vous proposez. Évitez tout jeu politique.

Claire Cornic:  Merci beaucoup Kateryna

Kateryna Tryfonova : Merci beaucoup Claire

Claire Cornic:  N’hésitez pas à laisser votre commentaire ci-dessous et à très bientôt sur le blog-gestion-de-projet.com

 

2 Commentaires

  1. Olivier 7 juin 2013 à 9 h 22 min - Reply

    Intéressant ! Kateryna, êtes-vous la première à lancer un business dans le tourisme dentaire avec des clients en France/Angleterre ou cela existe déjà ?

    • Kateryna 11 juillet 2013 à 15 h 30 min - Reply

      Bonjour, Olivier. Merci ! En Europe, ce marché est relativement jeune et peu concentré, néanmoins il y a déjà quelques acteurs assez sérieux. Notre principal point de différenciation: notre positionnement, plus haut de gamme en termes de qualité et d’image. N’hésitez pas à me poser d’autres questions via notre page FB https://www.facebook.com/dntlandco ou Twitter https://twitter.com/Dental_and_Co
      Bien à vous
      Kateryna

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