Pourquoi passer à la méthode Scrum et …

Pourquoi passer à la méthode Scrum et …

Natacha Huguet-Millot (cf photo ci-dessus)  travaille pour Curioos et nous explique comment le passage de l’ancienne méthodologie de gestion de projet à la méthodologie agile Scrum a révolutionné positivement la manière de travailler dans sa société et elle nous donne de bons conseils pour réussir notre passage à l’agile scrum. A bon entendeur!

Et vous, travaillez-vous en méthode agile? Si oui, qu’en pensez-vous, laissez-nous votre commentaire sous cet article!

PODCAST DE L’ARTICLE

Vous pouvez écouter l’article sous forme de Podcast et/ou bien lire ci-après.

Faites un clic droit sur le lien ci-dessous et sélectionnez “enregistrer la Cible du lien sous” pour sauvegarder le fichier MP3 sur votre ordinateur ou votre smartphone: Podcast de l’interview de Natacha Huguet-Millot

Vous pouvez aussi écouter le Podcast directement sur le blog:

 

RETRANSCRIPTION TEXTE DE L’INTERVIEW DE NATACHA HUGUET MILLOT

Claire Cornic : Bonjour et bienvenue sur le blog gestion de projet.com

Aujourd’hui, je suis avec Natacha Huguet-Millot qui travaille pour la startup Curioos.

Bonjour Natacha

Natacha Huguet-Millot : Bonjour Claire

Claire Cornic : Natacha, peux-tu nous présenter ton activité et ta fonction au sein de Curioos ?

Natacha Huguet-Millot : Bien sûr, alors Curioos, c’est une maison d’Edition d’art numérique, on a une galerie d’art numérique en ligne sur laquelle on représente plusieurs milliers d’artistes du monde entier et on met à disposition ces œuvres à qui veut les acheter, c’est-à-dire que quelqu’un commande et on lui imprime sur papier et on lui envoie dans le monde entier

Claire Cornic : Depuis combien de temps tu travailles pour Curioos?

Natacha Huguet-Millot : Moi je suis arrivée en 2010, un an après la création de la société par mon associé. Je suis arrivée pour construire le site internet de Curioos puisqu’à la base, je suis développeuse web. Donc aujourd’hui, je suis directrice générale et responsable informatique

Claire Cornic : D’accord, alors Natacha, peux-tu présenter l’ancienne méthodologie de gestion du projet du site internet de la société et ce que cela impliquait pour Curioos ?

Natacha Huguet-Millot : Alors comme je le disais tout à l’heure, je suis arrivée pour créer le site Internet de la société à partir de rien. Donc, la première chose que j’ai faite, c’est recruter une équipe et appliquer ce que j’avais appris à l’école et ce que j’avais pu voir en application dans mes différentes expériences professionnelles, c’est-à-dire le Cycle en V avec tout ce que cela implique, diagramme de Gantt et compagnie. Donc, concrètement, je découpais le projet en petites tâches que je répartissais à mes développeurs et derrière, je construisais avec MS-Project un diagramme de Gantt assez complexe sur plusieurs mois, voilà et en théorie, cela se finissait en 6 mois. Dans la pratique, ce n’était pas du tout le cas, c’est-à-dire qu’il y a toujours quelqu’un qui est malade qu’on n’avait pas anticipé, même si on prend toujours au départ une marge d’erreur, on sait toujours qu’il va se passer des imprévus mais les imprévus se cumulent, il y a peut-être aussi le manque d’expérience d’une équipe sur un réseau social, c’est pas une chose qu’on code tous les jours et donc on prend du retard, on prend du retard de plus en plus et du coup, on fait des horaires de plus en plus inhumains et du coup, on dépasse les délais et du coup, on a moins le temps de tester et cela devient vite catastrophique. Donc en gros, on en était à une période où on travaillait énormément, on faisait des horaires de folie dans la semaine, on travaillait le week-end pour finalement sortir en retard une application assez bugée finalement

Claire Cornic : Et, finalement face à cette situation difficile qu’est-ce qui vous a fait changer en fait, à quel moment vous vous êtes dit « là, on va essayer autre chose parce que cela ne va plus, on va changer de méthodologie de travail », raconte-moi ce qui s’est passé …

Natacha Huguet-Millot : un peu par hasard, on est tombé sur une formation de notre ancienne Ecole, à mon associé et moi, SupInfo, une formation en ligne de quelqu’un qui présentait l’agile et plus particulièrement le Scrum et cette présentation était assez bien faite puisqu’il décrivait comment cela se passait en cycle en V et ce que le Scrum pouvait résoudre comme problèmes et il se trouve qu’à ce moment-là, on s’est dit « mais c’est complètement fou, il est complètement en train de décrire tous nos problèmes, c’est-à-dire, les retards extrêmes, les horaires insupportables, les mois de debug qu’on pouvait passer à la fin, etc … » et là, on s’est dit « il faut qu’on y aille, il faut qu’on essaye ! »

Claire Cornic : …et donc vous y êtes allés

Natacha Huguet-Millot : …et donc on y est allés, on a demandé à ce formateur de venir nous faire une formation, donc quand je dis nous, c’est finalement toute la société, c’est-à-dire l’équipe de dev mais aussi les autres personnes qui sont concernées de près ou de loin par le site internet puisque c’est l’activité principale de la société

Claire Cornic : quand avez-vous suivi cette formation ?

Natacha Huguet-Millot : on a suivi il y a à peu près il y a un an et demi et depuis on s’est lancé là-dedans et l’avantage, c’est qu’on avait tous envie de changer la façon dont on travaillait car ce n’était plus supportable, on travaillait énormément pour un résultat peu concluant donc on s’est tous lancé, on a changé radicalement la façon de travailler puisque c’est vrai que cela n’a pas grand-chose à avoir et on en est plutôt content !

Claire Cornic : Alors il y a une phase de transition, j’imagine. Comment cela s’est passé de l’ancienne méthodologie à la nouvelle?

Natacha Huguet-Millot : Alors la phase de transition, un des points importants, c’est que moi, mon rôle de chef de projet n’existait plus puisque un des principes, c’est l’auto-organisation des développeurs dans l’équipe en général. Donc du coup, mon rôle de chef de projet omnipotent qui répartit les tâches à chaque développeur n’existait plus et tant mieux parce qu’on a vu que c’était vraiment mieux comme çà donc moi, je suis devenue scrum master. Alors le scrum master, c’est la personne qui est au service de l’équipe, qui fait en sorte qu’elle ait tout ce dont elle a besoin pour travailler et pour faire vraiment ce qu’elle doit faire, c’est la personne aussi qui est garante des valeurs agiles, c’est-à-dire faire en sorte que les principes fondamentaux sont respectés et que tout se passe bien. Donc, du coup, moi, j’ai pris ce rôle-là, çà, c’était un des changements majeurs, on va dire, en tout cas, c’était la transition à faire. Ensuite, il a fallu aussi à l’équipe le temps de s’adapter, de s’habituer à être indépendante et responsable puisqu’on avait retiré toute cette partie-là aux développeurs dans l’ancienne façon de faire, ils avaient même l’impression qu’on ne leur faisait pas confiance quelque part parce ce que quand on prévoit tout pour quelqu’un, il n’y a aucune prise de risque et de responsabilité donc là-dessus, il y a eu forcément un temps d’adaptation qui au final a donné un très bon résultat.

Claire Cornic : Alors quand tu parles de très bons résultats, justement, tu peux nous en dire plus sur l’apport de cette nouvelle méthode par rapport à l’ancienne?

Natacha Huguet-Millot : L’apport de cette méthode, c’est la communication entre chacun individuellement mais aussi entre chaque équipe, c’est-à-dire entre le Product Owner qui est responsable de l’application web en général et entre l’équipe et entre même les autres personnes de la société qui sont impactées par ces évolutions-là. L’humain aussi a été remis au centre de tout dans la société, même pas que dans l’équipe de développement car il faut voir que chez nous, cela a vraiment changé beaucoup de choses au sein de la société, en bien encore une fois je le précise. L’auto-organisation, çà, çà a été très important parce que c’étaient des horaires tout à fait normaux, c’étaient des résultats beaucoup plus concluants et c’était l’auto-satisfaction de donner quelque chose de bien à la fin.

Claire Cornic : D’accord. Et du coup, est-ce que tu pourrais nous décrire une semaine type, gérée avec la méthode scrum?

Natacha Huguet-Millot : Chez nous, le Scrum, c’était plus en deux semaines type on va dire puisque nous, on avait choisi de fonctionner en itérations ou en sprints de deux semaines et concrètement, comment cela se passait, le lundi matin on faisait une réunion avec l’équipe, le product owner qui donnait ses directives pour le produit et le scrum master qui était là pour faire en sorte que la réunion se déroule bien, que les objectifs sont atteints et que chacun reste dans son rôle pour que cela se passe bien et à ce moment-là, effectivement, le product owner disait « il faudrait faire çà, çà, çà, l’équipe discutait « OK, c’est comme cela que cela va se faire, je pense que c’est çà qu’il fauddrait faire, toi tu veux plutôt le faire, etc » donc il y a vraiment un échange, il y a une auto-organisation de l’équipe et ensuite, il y a vraiment une décision commune, vraiment la communication à ce moment-là se fait vraiment sentir et donc une fois qu’on a vraiment fini cette réunion, cela part pour deux semaines de développement et à la fin de ces deux semaines, le vendredi, on fait une réunion, qu’on appelle une revue de sprint pendant laquelle l’équipe montre, fait une démonstration du travail qu’elle a accompli pendant les deux semaines au Product Owner, l’avantage de cette réunion, c’est que le product owner va donner son avis sur ce qui a été fait, pas sur la façon dont cela a été fait mais sur le résultat et c’est à ce moment-là qu’on va se rendre compte de choses importantes mais de manière très rapide qui sont par exemple « les spécifications qu’on a donné au départ ont mal été comprises » ou alors « les spécifications qu’on a donné au départ, c’est pas vraiment ce qu’on veut puisque maintenant que j’ai le résultat sous les yeux, je me rend compte que cela ne rend pas si bien que ce que je pensais, c’est aussi le moment d’échanger, de faire passer de nouvelles idées, ce qui permet de nous adapter pour le sprint d’après et de peut-être revoir ce qu’on avait prévu de faire très rapidement donc cela donne une très grande flexibilité et çà permet d’être réactif par rapport au marché ce qui n’est pas négligeable quand on est une startup dans le web mais même pour n’importe quelle entreprise.

Claire Cornic : bien sûr

Natacha Huguet-Millot : et pour finir, c’était suivi par une rétrospective de sprint donc c’est une petite réunion avec l’équipe durant laquelle l’équipe fait un bilan de ce qui s’est passé pendant le sprint pour voir ce qui s’est bien passé, ce qui ne s’est pas bien passé, voir comment on pourrait s’améliorer la prochaine fois et voila. Cela permet d’être toujours en amélioration, de toujours faire mieux et c’est aussi très satisfaisant.

Claire Cornic : les rétrospectives de spint, c’était le lundi ?

Natacha Huguet-Millot : alors, chez nous, c’était le vendredi, après on est passé au jeudi parce qu’on avait décidé qu’une fois toutes les deux semaines, on allait laisser une journée libre aux développeurs pour faire des projets à côté, un petit peu comme Google donc voilà, on a tenté plusieurs trucs, des fois on a mis la revue retro le lundi matin et le planning le lundi après-midi, des fois on a mis le planning le lundi matin et la revue retro le vendredi de la deuxième semaine ou alors on a tenté plusieurs trucs, cela dépend, je pense, du contexte des sociétés, de toute façon, l’application du Scrum doit être vraiment personnalisée au contexte.

Claire Cornic : vous avez été agiles dans votre manière d’implémenter les méthodes agiles !

Natacha Huguet-Millot : Tout à fait, c’est ça !  [rires]

Claire Cornic : Et aujourd’hui, qu’est-ce que tu peux conseiller avec le recul que tu as sur l’utilisation de la méthode Scrum,    qu’est-ce que tu peux conseiller à des entreprises qui voudraient se ré-organiser avec cette méthodologie agile scrum ?

Natacha Huguet-Millot : Moi, ce que je conseillerais avant tout, c’est de s’assurer de l’adhésion de chacun à ce projet, à ce projet de passer à l’agile ou au scrum. C’est important parce que forcément si quelqu’un est réticent, cela va être beaucoup plus compliqué à être mis en place. Il faut vraiment que tout le monde soit impliqué dans le mouvement, il ne faut pas que ce soit une personne qui en soit à l’initiative et que d’autres qui suivent et même subissent ce truc-là sinon, cela ne marchera pas. Et la deuxième chose que je conseillerais, c’est de se faire accompagner, de se renseigner en amont car c’est important d’avoir ses propres connaissances mais de les confirmer avec une formation mais surtout d’avoir un suivi sur le long terme ou sur le moyen terme pour qu’on ne fasse pas d’erreurs flagrantes, en tout cas qui nous évitent certaines erreurs. Si on avait eu un suivi au-delà de la formation, on aurait peut-être pu éviter quelques passages à vide entre guillemets, qui ne sont pas forcément faciles quand on fait une transition donc voilà.

Claire Cornic : vous auriez peut-être gagné du temps en fait…

Natacha Huguet-Millot : …on aurait peut-être gagné du temps mais en même temps, c’est aussi en faisant des erreurs qu’on apprend et je pense que c’est une des leçons de l’agile et du scrum, c’est à çà que servent les rétrospectives, de voir là où on a raté et comment faire en sorte que la prochaine fois, cela ne se reproduise pas.

Claire Cornic : Très bien. Merci beaucoup Natacha pour toutes ces précisions, et vraiment tu nous donnes envie de travailler en méthode agile Scrum !

Natacha Huguet-Millot : mais je l’espère ! [rires]

Claire Cornic : N’hésitez pas à laisser un commentaire sous le podcast et à bientôt sur le blog gestion de projet !

 

3 Commentaires

  1. Laurent 26 avril 2013 à 0 h 44 min - Reply

    C’est intéressant de se remettre en cause de la sorte pour mieux travailler et obtenir de meilleurs résultats!

  2. Nico 28 avril 2013 à 22 h 51 min - Reply

    J’aimerais bien passer à Scrum mais je ne suis pas encore sûr d’être prêt.

  3. Natacha Huguet-Millot 29 avril 2013 à 12 h 00 min - Reply

    @Nico Je te rassure ça ne demande pas non plus des efforts surhumains! Juste un peu d’organisation et de remise en question! 😉

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