Qu’est-ce-que la méthode Six Sigma?

Qu’est-ce-que la méthode Six Sigma?

La méthode Six Sigma, orientée qualité, vise à réduire la variabilité d’un processus pour tendre vers le zéro défaut. La méthode Six Sigma se base sur une démarche fondée à la fois sur la voix du client (enquêtes, etc.) et sur des données mesurables (indicateurs , etc) et fiables.

Cette méthode est utilisée dans des démarches de réduction de la variabilité dans les processus de production (ou autre) et au niveau des produits et vise ainsi à améliorer la qualité globale du produit et des services.

La méthode Six Sigma pousse l’entreprise à de se doter d’actions mesurables et efficaces, de mieux satisfaire ses clients, d’impliquer les équipes et permet souvent d’améliorer son image.

Quelle est l’origine de la méthode Six Sigma ?

En 1986, la méthode Six Sigma a vu le jour chez Motorola, firme américaine, dont le siège est situé dans la banlieue de Chicago. La marque Six Sigma® a été déposée par la firme.

L’objectif premier de la méthode était d’augmenter la satisfaction des clients en améliorant la qualité des processus de production des produits et donc la qualité des produits. Le premier champ d’application de la méthode était donc les processus industriels mais la méthode s’est ensuite étendue à d’autres domaines comme les processus logistiques, administratifs,  commerciaux et même les économies d’énergie.

Pourquoi l’appellation Six Sigma ?

La lettre grecque sigma σ correspond à l’écart type, et rappelons que l’écart type est la racine carrée de la variance au sens mathématique. Donc « Six sigma » est 6 fois l’écart type. L’écart type peut être assimilé à la dispersion d’un processus

Concrètement, la méthode vise à ce que tous les produits qui sont issus d’un processus soient compris dans un intervalle s’éloignant au maximum de 6 sigma par rapport à la moyenne générale des produits issus de ce processus.  Si on réduit la variabilité des produits du processus, on réduit le risque de voir le produit et/ou le service rejeté par son destinataire du fait qu’il soit en dehors de ses attentes ou de ses spécifications. Donc on cherche à améliorer le processus jusqu’à ce que seuls les produits qui correspondant aux attentes, aux spécifications soient livrés : produire de la manière attendue dès la première fois en évitant ainsi les corrections, les retouches, les réparations et surtout les coûts associés.

Six Sigma et qualité totale

Chaque projet d’implémentation de la méthode Six Sigma dans une organisation répond à une séquence précise et à des objectifs chiffrés, par exemple,  réduire le temps de production de v %, réduire la pollution de w %, réduire les coûts de x %, augmenter la satisfaction client de y % , et augmenter les profits de z %.  On retrouve ici les principes de la qualité totale (TQM, « Total Quality Management » en anglais)  qui est une démarche de gestion de la qualité qui vise à impliquer toute l’entreprise pour parvenir à une qualité parfaite en réduisant les gaspillages et en améliorant en permanence les éléments de sortie (outputs). Cette démarche est décrite notamment dans le livre de Tom Peters « In Search of Excellence » dont une version française existe sous le nom « le prix de l’excellence ».

Un processus industriel ou un service implique plusieurs tâches répétitives. C’est le cas par exemple pour la production d’une pièce en grande série. Une pièce ou une prestation est conforme à ce qui est attendu si elle respecte plusieurs critères, mais les pièces ou les services ne sauraient être totalement et strictement identiques. La méthode Six Sigma vise à améliorer le processus pour que ces produits soient tous bons, il ne s’agit pas de contrôler les produits, mais de s’assurer que le processus est fiable.

La méthode Six Sigma peut s’implémenter dans tout type de processus et pas seulement de production, il suffit simplement que les performances du processus soient mesurables. En pratique la limite de 6σ est difficilement atteignable mais certaines entreprises peuvent rechercher le 4σ.

Six Sigma écoute la voix du client

Pour que la méthode soit efficace, il faut avant tout prendre en compte la voix du client, c’est-à-dire recueillir et analyser les avis des clients. Donc mettre en place une démarche Six Sigma implique d’abord de sonder les clients sur leurs besoins réels.

Cela peut se faire à l’aide de questionnaires, de sondages en ligne, d’une force de vente et de l’analyse des réclamations. Des outils web tels que le créateur de sondages SurveyMonkey sont utiles pour faciliter ce travail.

Une fois que les besoins du client sont clairement déterminés, la méthode Six Sigma va pouvoir s’interroger sur la capacité des processus de l’organisation à délivrer le produit et/ou le service attendu.

Améliorer les processus

En résumé, la méthode Six Sigma repose, vous l’aurez compris, sur les notions de client, de processus et de mesure. Il s’agit donc de mesurer les attentes des clients, de mesurer la performance des processus métier de l’entreprise par rapport à ces attentes, d’utiliser des outils statistiques pour analyser les causes qui influent sur la performance, de mettre en place des solutions pour corriger les causes sources de non-performance, d’utiliser des outils de mesure pour contrôler que les solutions mises en place ont bien l’effet attendu sur l’amélioration de la performance.

Ainsi, la méthode Six Sigma utilise l’outil DMAIC (Définir, Mesurer, Analyser, Innover, Contrôler)




Chaque étape DMAIC possède des outils différents, voici quelques exemples :

–          Définir : voix du client, sondages, SIPOC (Supplier Input Process Output Customer — cartographie des processus), …
–          Mesurer : analyse de systèmes de mesure (Gage R&R, linéarité, …), capacités, diagramme d’Ishikawa
–          Analyser : cartographie détaillée des processus (par exemple, analyse de la valeur ajoutée), tests d’hypothèses (ANOVA, χ², tests de variances, …), plans d’expérience …
–          Améliorer : plans d’expérience, Analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leur criticité (AMDEC), détrompeur…
–          Contrôler : plans d’expérience, Maîtrise statistique des procédés ou MSP…

Les certifications Six Sigma

Il est possible de passer des certifications pour apprendre à implémenter correctement la méthode Six Sigma. Les plus reconnues sont la certification de l’American Society for Quality (ASQ) et celle de l’IASSC (International Accreditation for Six Sigma Certification)

Montez les échelons de la pyramide Six Sigma. Comme au judo, les niveaux d’expertise sont représentés par des ceintures de différentes couleurs. Soyez successivement White Belt, Yellow Belt, Green Belt, Black Belt puis Master Black Belt.

–          Le White Belt (« ceinture blanche ») ; Première étape pour comprendre le Lean et la méthode Six Sigma.
–          Le Yellow Belt (« ceinture jaune ») ; sensibilisé aux problématiques Six Sigma, il apporte son concours à la réalisation d’un projet d’amélioration sous la conduite des niveaux supérieurs.
–          Le Green Belt (« ceinture verte »), dont on attend qu’il consacre partiellement son temps (souvent autour de 25 %) à la conduite de projets d’amélioration.
–           Le Black Belt (« ceinture noire »), chef d’équipe qui se consacre à plein temps à l’amélioration (conduite de projets, formation des Green Belts voire d’autres Black Belts) et doit maîtriser la méthode dans son ensemble.
–          Le Master Black Belt, mentor et formateur de Black Belts, garant du respect de la démarche, il est habilité à encadrer les Black Belts.
–          Le Deployment Leader ou Champion (en France, « directeur du déploiement » ou plus souvent « directeur du système d’excellence »), chargé d’élaborer la stratégie, le contenu de la formation, les budgets, etc.

A vos ceintures…

Claire Cornic

Copyright image : © sebdlg – Fotolia.com

Un commentaire

  1. Patrice 18 août 2014 à 11 h 39 min - Reply

    Bonjour,

    Merci pour cet article.
    Trés instructif pour bien comprendre le 6 Sigma.

    Petite Remarque : J’aurais mis l’outil « diagramme d’Ishikawa » dans « Analyser » plutôt que « Mesurer ». Il est vrai que le 6eme M signifie Mesure dans la diagramme. J’utilise plus souvent le diagramme pour analyser un problème plutôt que mesurer des valeurs ou autres.

    Bien cordialement.

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