Qu’est-ce que le planning Poker?

Qu’est-ce que le planning Poker?

Quand on gère un projet de manière agile, on doit évaluer des scénarios utilisateurs (user stories). Mais combien de temps faut-il pour concrétiser/réaliser tel ou tel scénario ?

En particulier, comment faire des estimations fiables quand on n’a pas de références sur des projets similaires passés et/ou quand le scénario est complexe?

En méthode agile de gestion de projet, on utilise parfois une technique d’estimation qui s’appelle le « planning poker ®» ou parfois aussi « Scrum Poker ». En réalité, on l’utilise non pas pour planifier mais pour estimer. Derrière ce nom un peu hasardeux, se trouve une technique pourtant fiable et précise. Cette technique a été crée en 2002 par James Grenning puis popularisée par Mike Cohn dans son livre Agile estimating and planning. James et Mike ont tous les deux été contributeurs du manifeste agile.

Un observateur extérieur qui entrerait dans une salle où une équipe projet est en train de faire un planning poker, verrait l’équipe assise autour d’une table et chaque membre aurait à la main un jeu de cartes. Mais l’analogie avec un véritable Poker s’arrête là.

Utiliser des cartes permet de ne pas influencer les autres participants quand on fait son estimation. Chaque « joueur » pose sa carte en même temps que les autres. Ainsi, on n’influence pas son voisin, en donnant son estimation après avoir entendu celle d’un autre membre de l’équipe projet.

A quoi ressemblent les cartes ?

Un jeu typique de cartes du Planning Poker comprend assez de cartes pour 4 « joueurs » (estimateurs). Si vous êtes plus nombreux, procurez-vous au moins deux jeux de cartes.

Chaque jeu de cartes contient des cartes avec une rangée de valeurs comprises entre 0 et 100 et 2 cartes spéciales (une avec un Point d’interrogation et l’autre avec le symbole de l’infini). Les nombres sur les cartes représentent une progression non linéaire basée sur la suite de Fibonacci, où chaque nombre est la somme des deux précédents. C’est pourquoi on trouvera les chiffres suivants sur les cartes : 1, 2, 3, 5, 8, 13. Toutefois, on trouvera ensuite les chiffres 20, 40 et 100 (au lieu de 21, 34 et 55). Le symbole ∞ est utilisé quand l’estimateur pense que le scénario vaut plus de 100 unités et la carte avec le point d’interrogation est utilisée par l’estimateur ne sait pas estimer le scénario.

Il existe aussi des logiciels pour faire votre planning poker et des applications mobiles. Vous pouvez aussi imprimer votre planning poker vous-même.

Les unités de mesure : les « story points »

Les unités de mesure sont des points et pas des jour-hommes. Ce qui compte est la proportion : le scénario 1 vaut 3 points alors que le scénario 2 vaut 20 points.

L’avantage principal du planning poker est de permettre à tous de s’exprimer librement. L’estimation sera meilleure parce que plusieurs personnes l’ont validée : des estimateurs avec des niveaux d’expérience et d’expertise différents. De plus, cette technique favorise les échanges entre les membres de l’équipe projet, par exemple entre le responsable produit et les développeurs.

Comment se passe une séance de planning poker ?

Les membres de l’équipe projet s’installent autour d’une table, placés de façon que tout le monde puisse se voir, idéalement une table ronde. Au minimum, il faut que tous les membres de l’équipe de développement soient présents (en méthode de gestion de projet DSDM agile, il faudrait donc autour de la table le Business Analyst, le « team leader », le « Business ambassador » et les « solution developers » et les « solution testers »).

1 – Explications du scénario utilisateur : Le responsable de produit (en Scrum) ou le Business Ambassador (en DSDM agile) explique aux autres participants un scénario utilisateur (user story).

2 – Questions/réponses sur le scénario utilisateur : Les participants posent des questions au « Business Ambassador » ou au responsable de produit (product owner), discutent du périmètre du scénario, évoquent les conditions de satisfaction qui permettront de le considérer comme « terminé ». Ils peuvent demander des clarifications du scénario.

3 – Estimation individuelle du scénario : Chacun des participants évalue la complexité de ce scénario, choisit la carte qui correspond à son estimation et la dépose, face vers le bas, sur la table devant lui.

4– Estimation collective : Au signal du facilitateur, les cartes sont retournées en même temps. S’il n’y a pas unanimité, la discussion reprend. On répète le processus d’estimation jusqu’à l’obtention de l’unanimité.

Remarque importante : Une procédure optimisée consiste, après la première « donne », de demander aux deux acteurs ayant produit les évaluations extrêmes d’expliquer leurs points de vue respectifs. Ces explications achevées et comprises de tous, une nouvelle estimation est produite et c’est alors la moyenne arithmétique de ces estimations qui est prise en compte.

5– Valeur d’un « story point » : A la fin, on établit la valeur en temps d’un « story point ». En anglais, on parle de la « velocity » (vélocité) qui est le nombre de « story points » de travail que l’équipe de développement peut caser dans une « timebox » dont la durée est connue.

Conclusion : le planning poker est une méthode agile efficace d’estimation qui passe par une communication importante au sein de l’équipe projet.

2 Commentaires

  1. Marion 22 mai 2016 à 15 h 50 min - Reply

    Je pensais que c’était un jeu quand j’ai vu le titre, mais c’est un concept des plus originaux. Je pense que l’on peut en tirer pas mal d’avantages si l’on sait le mettre en place comme il se doit.

  2. Mouffe Philippe 8 octobre 2016 à 11 h 46 min - Reply

    Original, un côté ludique, permet aux personnalités moins affirmées de faire valoir leur point de vue. Mais ne pas multiplier ce « jeu » plusieurs fois avec la même équipe (risque d’ententes, de collusions, …)

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