Qu’est-ce qu’un projet d’investissement et comment classifier les projets d’investissement?

Qu’est-ce qu’un projet d’investissement et comment classifier les projets d’investissement?

Cet article s’adresse aux débutants en gestion de projet, amenés à travailler sur des projets de développement et qui veulent comprendre les notions de base.

Nous définirons une opération d’investissement comme une immobilisation de capitaux sous forme de moyens divers de production (terrains, bâtiments, équipements, etc.), avec pour objectif d’en tirer sur une période plus ou moins longue, des avantages financiers ou non à travers la production de biens et ou de services dans la collectivité.
Il est à remarquer que le mot investissement s’applique aussi bien à l’acte d’investir qu’au résultat de cet acte (c’est-à-dire au bien investi lui-même).

Par ailleurs, il est à remarquer que certains auteurs utilisent l’expression « projets de développement » pour désigner les projets d’investissement. Il s’agit d’une expression généralement utilisée par les institutions financières soucieuses de prendre en compte, au-delà des critères de rentabilité financière, des facteurs de qualité relatifs aux effets et impacts sociaux du projet.

Caractéristiques des projets d’investissement

Tout projet d’investissement productif répond aux 5 caractéristiques suivantes :
• Les dépenses d’investissement : elles sont relatives à la mise en place de l’outil de production et sont généralement concentrées dans le temps (achat de terrain, réalisation des constructions, achat d’équipements, etc.).
• Les dépenses d’exploitation : elles sont relatives aux dépenses de fonctionnement de l’entreprise et donc récurrentes (achat de matières premières, paiement de services extérieurs, paiement du personnel, etc.).
• Les recettes d’exploitation : elles constituent les rentrées du projet ; elles reposent sur les prévisions du volume de ventes (évolution du marché, évolution de la part du marché) et sur les prévisions des prix de vente (coût de production, influence de la concurrence, politique des pouvoirs publics).
• Le facteur temps : compte tenu de l’immobilisation plus ou moins longue des fonds investis, le facteur temps reste déterminant dans l’évaluation de la rentabilité d’un projet, la valeur de la monnaie du pays où est réalisé le projet aujourd’hui pouvant différer d’une année sur l’autre.
Le facteur risque : la notion de risque est inhérente à tout projet d’investissement productif car le gain attendu, à savoir le surplus des rentrées sur les sorties de trésorerie est tout simplement espéré et n’est pas certain. En effet, toute projection dans le temps est soumise à l’incertitude.

En somme, tout projet d’investissement productif ne peut avoir de sens et se justifier que, si l’immobilisation ainsi faite des fonds permet d’envisager une rentabilité financière importante au cours des années futures.

Classification des projets d’investissement

Retenons les critères de classification ci-après qui présentent plus d’intérêt pour la suite des analyses à effectuer :
• la nature de l’investissement
• l’objectif de l’investissement
• le niveau de dépendance du projet avec d’autres projets.

Classification selon la nature de l’investissement

Nous distinguons les investissements sur biens et services, les investissements financiers et les investissements stratégiques.

a) les investissements sur biens et services

Les projets d’investissements sur biens et services recouvrent de multiples secteurs d’activité :
L’industrie : mines, hydrocarbures, chimie, bois, ameublement, textile, imprimerie et toute autre industrie de transformation de matières premières ;
L’agriculture : cultures vivrières, cultures industriels, élevage, pêche, pisciculture et toute autre activité de production primaire agricole.
Les services : transport, énergie, télécommunications, BTP, hôtellerie et tourisme, distribution, enseignement, santé, maintenance des équipements et toute autre activité relevant du tertiaire.

b) les investissements financiers

Les investissements financiers sont des placements de capitaux ou de valeurs en vue de l’acquisition des titres producteurs de revenus financiers sous forme d’intérêts.

Ces titres de placement peuvent prendre différentes formes :
• les actions ;
• les obligations ;
• les bons du trésor,
• les options ;
• les contrats à court terme ;
• les papiers commerciaux ;
• les reconnaissances de dette ;
• etc.

c) Les investissements stratégiques

Les investissements dits « stratégiques » ne visent pas forcément la rentabilité à très court terme de l’entreprise, mais sont destinés généralement à maintenir cette rentabilité à plus long terme et à assurer la pérennité de l’entreprise. Il s’agit des activités de recherche-développement, de brevets ou d’acquisition de licences, de formation, de publicité, d’amélioration de l’image, d’amélioration du cadre de travail des employés, etc.

Classification selon l’objectif de l’investissement

Nous pouvons distinguer quatre types de projet selon l’objectif envisagé par le promoteur.

a) Les investissements de remplacement

Ce sont les investissements par lesquels on substitue des équipements neufs à des équipements amortis ou usés, en vue de maintenir la capacité de production de l’entreprise. Les équipements neufs ont donc les mêmes caractéristiques techniques que les anciens (capacité de production, niveau des coûts de production, etc.). Les investissements de remplacement sont aussi appelés investissements de renouvellement ou de maintien.

b) Les investissements d’expansion

Les investissements d’expansion sont destinés à permettre à l’entreprise de faire face à la croissance de la demande et ceci, soit par la réalisation de nouveaux investissements destinés à augmenter sa capacité de production (investissements de capacité), soit par l’élargissement de sa gamme de produits (investissements de diversification). Les investissements d’expansion sont aussi appelés investissements d’extension.

c) Les investissements de modernisation

Les investissements de modernisation sont destinés essentiellement à abaisser les coûts de production, ceci par une meilleure combinaison des facteurs de production. Ce sont donc des investissements qui visent l’amélioration de la productivité ou encore de la compétitivité de l’entreprise ; ce qui signifie que l’on produira plus pour des coûts de production inchangés ou que ces derniers seront moindres pour un même volume de production. Les investissements de modernisation sont aussi appelés investissements de productivité ou de rationalisation.

d) Les investissements de création

Alors que les investissements précédents portent sur la mise en place de nouveaux actifs ayant des relations technico-économiques avec d’autres activités ou d’autres actifs déjà existants (cas d’un investissement réalisé dans le cadre d’une entreprise déjà existante), les investissements de création portent tout simplement sur la mise en place de projets n’ayant aucun lien avec d’autres investissements. On parle donc d’investissements de création ou de nouveaux projets.
Le schéma d’évaluation proposé dans le manuel correspond essentiellement aux investissements de création. Mais rien n’exclut les autres types d’investissement, à condition de bien évaluer les flux financiers imputables à la réalisation du projet.

Classification selon le niveau de dépendance du projet avec d’autres projets.

Lorsqu’on considère la nature des relations technico-économiques existant entre deux ou plusieurs projets envisagés par un promoteur, on distingue en général les projets indépendants, les projets mutuellement exclusifs et les projets complémentaires.

a) Les projets indépendants

Deux projets sont dits indépendants (ou compatibles), si on peut techniquement envisager la réalisation simultanée de l’un et de l’autre, et si les flux monétaires engendrés par l’un ne sont pas affectés par la réalisation ou nom de l’autre. Tel est généralement le cas de deux projets visant à satisfaire des besoins différents (une savonnerie et une sucrerie). En contre exemple, la traversée payante d’un cours d’eau soit par la construction d’un pont à péage, soit par l’acquisition d’un bac, constitue deux types de projets techniquement réalisables simultanément, mais dépendants sur le plan des flux monétaires. Ce ne sont donc pas des projets indépendants.

b) Les projets mutuellement exclusifs

Deux projets sont dits mutuellement exclusifs (ou incompatibles) si la réalisation de l’un exclut celle de l’autre. Tel est généralement le cas de deux projets visant à satisfaire le même besoin, mais selon des technologies différentes (transport du minerai par axe routier ou par chemin de fer) ou selon des localisations différentes (usine proche des matières ou proche des consommateurs). On parlera donc de variantes d’un même projet.

c) Les projets dépendants ou complémentaires

Deux projets sont dits dépendants, ou complémentaires ou encore contingents si l’acceptation ou le rejet de l’un, entraine l’acceptation ou le rejet de l’autre. Un exemple est le cas d’une mine qui ne peut être envisagé que si une voie d’évacuation est réalisée. Dans ces conditions, l’analyse doit finalement porter sur le projet combiné.
Les différentes classifications ci-dessus des projets productifs ne sont certes pas exhaustives mais elles rendent largement compte des différents types de situations d’investissement dans lesquels peut se trouver un promoteur.

A vos futurs projets d’investissement!

Copyright photo : © Tatyana Pavlova

Un commentaire

  1. Aristide Coulibaly 26 février 2017 à 20 h 23 min - Reply

    Merci bien pour cet éclaircissement. Ça m’a beaucoup servi et bon courage à toi

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