Yann Mercier, entrepreneur après avoir été chef de projet en Chine

Yann Mercier, entrepreneur après avoir été chef de projet en Chine

 Voici une interview de Yann Mercier qui a géré des projets en Chine et qui a cofondé la société Zen Connect.

PODCAST DE L’INTERVIEW

Vous pouvez écouter l’interview de Yann Mercier sous forme de Podcast et/ou bien lire ci-après.

Faites un clic droit sur le lien ci-dessous et sélectionnez “enregistrer la Cible du lien sous” pour sauvegarder le fichier MP3 sur votre ordinateur ou votre smartphone: Podcast de l’interview de Yann Mercier

Vous pouvez aussi écouter le Podcast directement sur le blog:

RETRANSCRIPTION DE L’INTERVIEW DE YANN MERCIER

Claire Cornic : Bonjour et bienvenue dans ce nouveau podcast du blog-gestion-de-projet.com

Alors, aujourd’hui, je suis avec Yann Mercier qui est cofondateur de la société Zen Connect. Il est entrepreneur après avoir exercé la fonction de chef de projet chez GK Telecom.

Bonjour Yann,

Yann Mercier : Bonjour Claire,

Claire Cornic : Yann, pourrais-tu te présenter auprès des auditeurs du blog gestion de projet, nous parler de ton parcours professionnel de chef de projet ?

Yann Mercier : D’accord, alors cela fait à peu près 10 ans que j’ai commencé, j’ai toujours travaillé dans les Télécoms et l’informatique, j’ai commencé par un grand Groupe, Alcatel, à des postes plutôt avant-vente, c’est-à-dire avant la réalisation du projet, il s’agit de concevoir des réseaux pour des opérateurs mobiles ou fixes, il s’agissait déjà à l’époque de faire de la gestion de projet puisque ce sont des projets complexes qui demandent de réunir la compétence de beaucoup de personnes et en l’occurrence, donc dans cette partie avant-vente, il s’agit de coordonner plusieurs intervenants qui peuvent être techniques, commerciaux, marketing pour construire des réseaux clé en main ou faire des extensions de réseaux donc typiquement j’ai beaucoup travaillé sur la zone Afrique, pour à l’époque la construction des réseaux mobiles, GSM, sur l’Afrique , sur l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique Centrale, anglophone, francophone. Et donc, j’ai réalisé ce parcours en commençant juste sur la partie avant-vente, sur des parties bien ciblées du réseau puis petit à petit en gravissant les échelons et en arrivant jusqu’à la gestion de projet pour coordonner l’ensemble des intervenants techniques. J’ai aussi réalisé une partie de ce travail depuis la Chine où j’ai aidé en fait à promouvoir l’export depuis la Chine pour Alcatel où il s’agissait en fait de couvrir la zone Asie et puis aussi Russie.

Claire Cornic : D’accord, et donc çà, c’était pendant combien d’années ?

Yann Mercier : c’était pendant 4 ans, donc de 2001 à 2005, sachant qu’en 2005, je finissais ma période en Chine et j’avais décidé de rentrer en France ou de travailler en Chine,  et j’avais  en tête de ne pas rester dans les grands groupes mais de vouloir tester en PME, donc en rentrant en France, j’ai décidé en fait de passer le pas et de me rapprocher le plus possible de l’opérationnel, donc de passer de l’avant-vente au maximum à la réalisation des projets et en même temps d’aller dans une PME.

Claire Cornic : et en Chine, tu travaillais aussi avec des équipes chinoises ?

Yann Mercier : alors en Chine, je travaillais presqu’exclusivement avec des équipes chinoises, voilà quand je suis arrivé là-bas, j’étais le seul français à l’étage d’un grand bâtiment mais voilà c’était très agréable, très formateur, c’était une expérience culturelle très intéressante, sachant que si on doit quand même le rapprocher du côté gestion de projet, il y a finalement très peu de différences entre la gestion de projet qu’on l’exerce depuis la France ou la Chine, on retrouve toujours les mêmes bases, les mêmes soucis de préparation, d’anticipation.

Claire Cornic : et tu étais basé dans quelle ville de Chine ?

Yann Mercier : J’étais basé à Shanghai, la capitale économique de la Chine où se trouve aussi le siège social d’Alcatel.

Claire Cornic : D’accord très bien. Et donc la gestion de projet en Chine, tu nous a dit que c’étaient exactement les mêmes principes que dans n’importes quel pays du monde, certes mais au niveau des relations de travail avec les chinois, c’était ?

Yann Mercier : exactement les mêmes, je ne sais pas, la culture rentre toujours en ligne de compte dans ce genre de cas et les relations de travail peuvent être très différentes. Il y a une plus forte importance donnée en Chine au chef, à la responsabilité, tout est très pyramidal, ce qui peut changer beaucoup de choses mais finalement quand on arrive à trouver les bons codes,  travailler de manière transversale, ce qui est un peu le rôle souvent du chef de projet, arriver à s’en sortir sans responsabilité directe sur toutes les personnes, cela reste la même mécanique, essayer de bien comprendre, écouter, convaincre, savoir anticiper, voilà, je pense qu’il n’y a pas de différences majeures et en fait le chef de projet va devoir d’autant plus se baser sur sa capacité à convaincre, à se faire écouter, pour moi, ce n’est pas différent que ce soit en Chine ou ailleurs

Claire Cornic : et sur ces projets, toi tu es intervenu à quelle(s) phase(s) de ces projets ? Plutôt en phase de planification, est-ce que les objectifs étaient déjà définis ?

Yann Mercier : Sur ce type de projet, il peut y avoir un appel d ‘offres d’un opérateur qui dit, je veux créer un réseau, je veux étendre un réseau, ce sont des projets qui peuvent être conséquents de 5 millions de dollars ou d’euros à 100 millions, voilà et en fait à partir d’une feuille blanche, on a une requête d’un opérateur, un cahier des charges et on doit définir le réseau, faire travailler les équipes, répondre avec les bons produits, aller chercher les bons partenaires sur des projets de cette taille-là, même avec une société telle qu’Alcatel, il faut aller chercher les partenaires, cela peut être HP, Dell, d’autres, voilà, cela peut être la mise en place de consortiums donc cela peut être des projets complexes et qui demandent, qui sont au croisement de plusieurs compétences, bien sûr la compétence technique pour les construire, la compétence marketing pour arriver à les vendre, la compétence commerciale pour arriver à bien construire comme il faut le prix et surtout juridiques que cela soit pour établir les bases de la coopération si c’est un consortium entre plusieurs entreprises ou pour, comme c’est souvent travailler dans des pays, c’est comprendre quelle sera la législation, quelles sont les contraintes et enfin, bien sûr, prévoir les bases du futur contrat si jamais on est retenu avec le client

Claire Cornic : Très bien et tout se faisait en anglais ou tu t’es mis à apprendre le chinois ?

Yann Mercier : Alors tout se fait en anglais en général parce que c’est de l’export, et oui je me suis mis à apprendre le chinois et oui je parle un peu chinois. Au jour le jour, c’est l’anglais qui était favorisé.

Claire Cornic : D’accord. Alors aujourd’hui, tu as fait un nouveau virage dans ta vie, tu as fait le choix de l’entrepreneuriat. Est-ce que tu peux nous parler un peu de ton projet d’entreprise, des services que vous proposez, quels types de clients vous visez aussi et ensuite, tu me parleras un peu plus de la gestion de l’entreprise et des projets au sein de cette entreprise ? On va commencer par la présentation de ton projet d’entreprise.

Yann Mercier : D’accord. Après cette période d’Alcatel, j’ai travaillé en PME pendant 5 ans et j’ai vraiment du côté opérationnel, gestion de projets, réalisation de projets, c’étaient vraiment des projets de taille plus petite, de quelques dizaines de milliers d’euros à plusieurs millions d’euros, mais c’est sans comparaison mais j’ai pris goût à UN – le côté opérationnel et DEUX – j’ai trouvé que c’était une aventure humaine intéressante et j’avais en tête de pouvoir même créer ma propre structure en me basant sur mes compétences que j’avais acquises principalement dans tout ce qui était réseau sans fil et en essayant de le proposer pourquoi pas sur la France parce qu’avoir une grosse expertise sur tout ce qui était export, autant le tenter en France, peut-être que j’ai ma chance. Avec mon associé qui lui-même est au commerce, nous avons décidé de créer ZEN CONNECT, spécialisé dans les réseaux sans fil et Wi-Fi et la petite nuance, c’est qu’on essaie en même temps de mettre en place des réseaux principalement pour entreprises, quand on se lance, c’est principalement entreprises mais pourquoi pas plus tard viser les grands comptes ou les comptes de tailles plus conséquentes, donc les entreprises , leur proposer des réseaux sans fil principalement wi-fi afin de les aider à mieux gérer leur nomadisme, la mobilité et nous proposons des réseaux beaucoup plus simples à gérer, très faciles à intégrer, à mettre en place et qui s’adaptent à toute taille de structure, que cela soit de la PME ou des grands groupes et d’ailleurs dans nos références, actuellement nous avons tout type de référence, de la plus petite PME à quelques personnes  qui y travaillent, aux centres de formation à la multinationale.

Claire Cornic : D’accord. Et comment vous gérez votre entreprise au quotidien ? Est-ce que vous travaillez encore en mode projet ou vous travaillez surtout et essentiellement en mode opérationnel ?

Yann Mercier : en fait pour moi beaucoup de tâches se font au jour le jour en mode projet, par exemple créer une entreprise, cela veut dire créer un ensemble de postes en fait qu’on début on est obligé d’assumer à très peu et arriver à construire cette entreprise, donc typiquement si on veut structurer cette entreprise, il faut avoir un ERP (Enterprise Ressource Planning), donc mettre en place un ERP, c’est du mode projet. Quand on veut répondre, construire une mécanique pour bien structurer l’entreprise, c’est aussi du mode projet, cela veut dire du suivi, c’est quelque chose qui est très valable, qui est complètement applicable dans plein de domaines, sachant que maintenant je le met moins en œuvre sur des gros projets puisqu’évidemment avec la taille qu’on a, il nous faudra du temps avant d’atteindre la taille critique en fait pour répondre à des gros projets ou pour mettre en œuvre tout ce que j’ai appris mais par contre, c’est extrêmement précieux dans le développement de notre propre structure pour nous aider à bien se structurer, à bien construire comme il faut et à mettre des jalons pour bien préparer l’avenir.

Claire Cornic : Est-ce que vous avez déjà l’ambition de mettre en place de nouveaux projets chez Zen Connect ?

Yann Mercier : Oui, alors après un peu plus d’un an d’existence, nous commençons à pouvoir approcher on va dire déjà du fait de notre historique et aussi de l’expérience que nous avons gagné sur le domaine, parce qu’on a beau avoir 10 ans d’expérience dans les Télécoms, l’informatique, voilà, créer une entreprise, cela veut dire devoir apprendre, se remettre en cause sur  beaucoup de choses donc après un an nous pensons que nous sommes matures pour aller sur des projets de taille plus conséquente et on commence à les aborder, et là, c’est vrai qu’on va mettre en place ces mécaniques donc à qui on va s’adresser, cela va être plutôt à des opérateurs de taille intermédiaire, c’est-à-dire des opérateurs qui font 300 à 400 millions d’euros de Chiffre d’Affaire, et à qui on peut proposer notre service parce qu’on a une forte expertise et leur proposer une implémentation de projet sur des très grands lieux publics, sur une multitude de sites, on est capables de les assister et la direction projet est un atout phénoménal pour les convaincre.

Claire Cornic : D’accord. Alors aujourd’hui, donc je suis venue à votre rencontre de l’entreprise Zen Connect à la pépinière Soleillet, on est dans le 20ème arrondissement de Paris et tu travailles avec ton associé dans cette pépinière d’entreprises Alors, quelles ont été vos démarches pour être accepté e pépinière ?

Yann Mercier : Alors, en fait, on s’est déjà beaucoup fait conseiller. Je pense que la première chose, c’est qu’il ne faut pas hésiter à en parler autour de soi, demander l’avis de beaucoup de personnes, que cela soit des personnes avec qui on travaille, des relations, donc il faut demander beaucoup d’informations et nous par ce processus d’interrogation autour de nous, notre cercle proche ou moins proche etcétéra,  on en est arrivé à interroger la Chambre De Commerce et d’Industrie de Paris, des conseillers et il est possible de les consulter pour son projet d’entreprise et ils nous ont rapidement orientés sur le fait qu’il y avait des pépinières tenues par la Chambre De Commerce et d’Industrie de Paris, qui nous ont recommandé de soumettre notre dossier, ce que nous avons fait. Soumettre un dossier, cela veut dire préparer un Business Plan, préparer une présentation, se baser sur ses points forts, on passe devant une commission, si on est présélectionné, et la commission nous dit presqu’immédiatement si on est retenu ou pas, et après des places se libèrent et on peut intégrer la pépinière. A titre personnel, je recommanderais à tout le monde de passer par ce genre de structure, c’est très précieux, UN bien sûr d’un point de vue coût bien sûr mais surtout rencontres, partages, facilité de lancer la structure, c’est vraiment précieux, voilà !

Claire Cornic : donc c’est un conseil pour les entrepreneurs ; Par ailleurs, est-ce que tu as des conseils à donner plutôt pour des graines de chefs de projet, c’est-à-dire des chefs de projets qui débutent dans la fonction ?

Yann Mercier : Alors, le conseil que j’ai à donner pour les futurs chefs de projet déjà c’est n’hésitez pas à vous lancer, c’est vraiment, la gestion de projet, un domaine passionnant que j’espère bien continuer même tout en  étant chef d’entreprise, j’espère par exemple avoir de futurs gros projets et pouvoir les traiter en tant que chef de projet ou directeur de projet, à la Direction, c’est passionnant et les conseils que je peux vous donner, il y a beaucoup de choses à travailler, il y a d’abord les qualités humaines, il faut savoir travailler à mon avis beaucoup l’écoute, il faut être très persévérant, ce qui me manquait au début par exemple il faut savoir être têtu, c’est-à-dire écouter mais en même temps  quand on sait qu’on a une bonne vision du projet, il faut savoir être têtu, c’est aussi une qualité. Je pense que les formations de type professionnelles,  PMI (Project Management Institute) peuvent venir mais il faut avoir un petit peu pratiquer pour qu’elles soient utiles, c’est pas toujours d’ailleurs celles-là qui sont recommandées dès le début. Les formations sur les « soft skills », sur les compétences humaines peuvent être plus utiles au départ et après, le domaine de gestion de projet est tellement vaste qu’il peut s’appliquer dans beaucoup de domaines, voilà, après c’est chacun fera son choix, je pense que c’est une des composantes des futurs métiers de demain, c’est-à-dire cette manière de travailler de manière transversale et pas seulement de manière verticale où on s’adresse à un responsable et voilà, être capable de fédérer plusieurs personnes et de créer des projets en attente d’aller vite et surtout le point important d’un chef de projet, c’est surtout avoir un début et une fin de projet, finir ses projets…

Claire Cornic :  …aller jusqu’au bout. Merci beaucoup Yann pour ces précieux conseils. Donc n’hésitez pas à laisser votre commentaire et à très bientôt sur le blog-gestion-de-projet.com

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